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Neirynck Jacques · Nationalrat · 2014-09-18

Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2014-09-18

Wortprotokoll

De quoi s'agit-il? Il y a une autre pathologie qui se développe dans les deux EPF comme dans les facultés de médecine, c'est la surabondance d'étudiants. Quand je suis entré à l'EPFL en 1972, il y avait 1700 étudiants; il y en a aujourd'hui 10 000. Mais ces 10 000 sont recrutés d'une part en Suisse, il s'agit d'étudiants qui ont une maturité suisse, et d'autre part à l'étranger, des étudiants qui sont très étroitement sélectionnés.

Cette année, pour entrer à l'EPFL, un étudiant français doit avoir un baccalauréat C, avec une note de 16, qui est une note extrêmement élevée. Le résultat est le suivant: en première année, il y a des étudiants suisses qui sont formés dans différents cantons, qui ont des formations variables parfois très bonnes, parfois médiocres, et puis des étudiants étrangers qui sont sévèrement sélectionnés. Le résultat à la fin de la première année est évident: les étudiants suisses échouent dans la proportion d'un tiers et les étudiants étrangers, étroitement sélectionnés, réussissent à hauteur de cent pour cent. On voit bien le problème quand on regarde les différents niveaux d'études. Sur l'ensemble des EPF, il y a 40 pour cent d'étudiants étrangers, ce qui est bien, cela signifie que nous attirons les meilleurs étudiants du monde entier, y compris des Chinois et des Japonais. Quand on arrive à l'école doctorale, il y a 75 pour cent d'étudiants étrangers et à peine 25 pour cent d'étudiants suisses. C'est un aspect de la question.

L'autre aspect, c'est que la formation n'est pas unifiée. Le programme Harmos pour la Suisse romande résulte d'un consensus entre les directeurs de l'instruction publique, consensus qui s'aligne sur les exigences les plus faibles.

A ce moment-là, on arrive, par exemple, à une aberration dans le plan Harmos: la trigonométrie n'existe plus, elle est enseignée dans certains cantons et pas dans d'autres, avec pour conséquence que les étudiants qui ont été mal formés ont évidemment assez peu de chances de succès.

Ce que je propose est assez simple: c'est de ne pas engager dans des études des étudiants qui vont certainement échouer. Il vaut mieux leur dire, à l'avance, qu'il sont insuffisamment formés. L'arme qui est utilisée, dans les facultés de médecine par exemple, c'est un test d'entrée. Il s'agirait ici d'un test non contraignant, les étudiants devraient le faire et, au terme de celui-ci, on leur dirait s'ils ont des chances ou non de réussir. Après cela, s'ils veulent courir le risque de se lancer dans les études en question, ils pourraient encore courir ce risque.

Cette proposition et, en particulier, le fait de faire passer un test d'entrée à tous les étudiants, qu'ils soient suisses ou étrangers, aurait au moins le mérite de clarifier la situation.