Maire Jacques-André · Nationalrat · 2014-09-18
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-09-18
Wortprotokoll
Rappelons tout d'abord que le postulat déposé par Madame Aubert, notre ancienne collègue, demande que le Conseil fédéral assure un suivi de la situation relative au développement du stress et de la surcharge au travail, et qu'il évalue aussi ses coûts directs et indirects pour l'économie nationale. Ce suivi devrait donner lieu à la publication d'un rapport quinquennal devant permettre au Conseil fédéral et au Parlement de définir des mesures de prévention appropriées.
Dans sa réponse écrite, le Conseil fédéral relève que toute une série de mesures et d'analyses sont déjà effectuées et qu'elles donnent lieu à diverses publications qui sont notamment l'oeuvre du SECO. C'est tout à fait juste, bien entendu. Une publication du SECO fait d'ailleurs état de la très inquiétante évolution du stress chronique causé par le travail et de l'explosion des coûts annuels pour la société engendrés par ce phénomène. Au passage, je vous propose un rappel de ces chiffres absolument faramineux: on passe d'un coût estimé à 4 milliards de francs en 2001 à un coût estimé à 10 milliards en 2011, soit dix ans plus tard - coût pour l'ensemble de la société bien entendu.
Toutefois, dans la même réponse du Conseil fédéral, il est écrit que des études de plus grande ampleur devraient être menées pour affiner cette analyse des coûts en fonction des diverses causes et pour dégager des pistes d'action susceptibles de lutter contre cette explosion des coûts très inquiétante. On peut aussi lire, dans la réponse, qu'il n'existe pas, actuellement, de système d'enregistrement fiable des données.
Ces quelques éléments nous paraissent démontrer de façon très claire que les demandes du postulat Aubert sont justifiées et tout à fait pertinentes. En effet, si des données intéressantes sont déjà effectivement récoltées actuellement par le SECO - en collaboration avec l'Office fédéral de la statistique -, il faut bien admettre que ces données manquent singulièrement de visibilité et également de régularité au niveau de leur récolte, et, surtout, au niveau de leur publication.
Ainsi les syndicats ou diverses associations sont amenés à lancer leurs propres études. Dans la presse d'hier, on mentionnait, par exemple, que le syndicat UNIA venait de lancer une vaste étude dans les entreprises horlogères en rapport avec l'augmentation de la productivité, l'accélération des cadences de travail et leurs conséquences sur le stress.
Une synthèse générale des résultats existants pourrait être réalisée à moindre coût et publiée plus régulièrement, par exemple tous les cinq ans comme le propose le postulat. Ces données objectives - ne provenant pas d'études menées par des groupes d'influence - pourraient servir de base de réflexion pour envisager des mesures de prévention appropriées. Ces mesures permettraient très certainement de freiner l'évolution, exorbitante, des coûts financiers mais surtout humains pour les personnes, les entreprises et les collectivités publiques ou peut-être même de les limiter. Ces coûts doivent être assumés en raison du développement du stress et de la surcharge liés au travail.
Nous vous invitons donc à accepter ce postulat. Il permet d'établir une base solide pour la poursuite des réflexions afin de lutter contre ce grave problème de notre société.