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Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · 2001-11-29

Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2001-11-29

Wortprotokoll

Rapidement, trois remarques:

1. M. Studer Heiner voudrait une solution intermédiaire, mais la proposition qu'il nous présente n'a rien d'intermédiaire. La commission prétend que c'est le régime du délai tel que nous l'avons admis à Lugano qui est une solution intermédiaire. Cette réglementation-là, en effet, ne reconnaît aucun droit à l'avortement. Au contraire, nous avons pris des mesures - je peux le dire d'autant plus facilement que, personnellement, je trouvais même qu'on avait trop atténué la portée du régime du délai - qui en font véritablement une solution intermédiaire.

2. Deuxième remarque, pour M. Waber. Moi aussi, et tous les partisans du régime du délai, voudraient un avenir sans avortement. Nous avons toujours été parfaitement clairs sur ce point: un avortement, quelque part, est toujours un échec, et nous sommes d'accord qu'il faut développer la contraception, l'éducation sexuelle, le planning familial pour échapper à ça.

Je voudrais m'élever en passant contre la déclaration de M. Maspoli qui dit: "Voilà, une femme est enceinte, elle ne veut pas l'enfant." Je ne connais aucune femme qui a interrompu une grossesse simplement parce qu'elle ne veut pas l'enfant, par caprice, parce qu'elle n'en a pas envie. Nous l'avons dit et nous le redisons encore, toute interruption de grossesse signifie qu'il y a une situation de difficultés, une situation de détresse. Même les lois les plus dures, Monsieur Waber, qui ont existé dans le passé, même ces lois-là n'ont jamais réussi à empêcher les avortements. Et quand on en revient aux avortements clandestins, croyez-moi, pour ceux qui ont connu cette période, c'est horrible.

3. Je voudrais m'élever avec la plus grande énergie contre le fait que M. Waber a osé faire un lien entre l'interruption de grossesse et le terrorisme. Alors là, vraiment, je trouve que c'est indigne, c'est irrecevable. Et si ce genre d'argument préfigure la campagne au-devant de laquelle nous allons, alors franchement j'ai peur. Je pourrais facilement, Monsieur Waber, vous retourner l'argument et vous dire que le terrorisme, il est du côté des fondamentalistes. D'ailleurs, d'autres vous l'ont dit et je suis d'accord avec eux. Mais je crois qu'il faut aussi dépasser les étiquettes et ne pas nous livrer à une bataille d'étiquettes en nous taxant les uns et les autres de terroristes. Ce que je voudrais dire, c'est que je ne peux pas comprendre que vous plaidiez en faveur de la dignité du foetus, et que vous bafouiez à ce point la dignité de la mère, c'est-à-dire la dignité de la femme.

On dirait que, pour un certain nombre de collègues, en particulier du groupe de l'Union démocratique du centre qui sont venus plaider pour cette initiative, la vie a plus de valeur, qu'elle mérite plus de protection avant la naissance qu'après. A voir, le sort que vous réservez parfois aux émigrés!

Enfin, je voudrais faire une dernière remarque: la dignité de la vie ne peut être garantie que quand la vie s'inscrit dans une relation, une relation affective, avec l'environnement, dans un projet de vie. C'est pourquoi je n'arrive pas non plus à comprendre que certains d'entre vous viennent nous dire que la pesée d'intérêts doit être rejetée. Bien sûr qu'il y a une pesée d'intérêts! Bien sûr qu'il y a un équilibre! Nous ne devons absolument pas jouer la mère contre l'enfant, l'enfant contre la mère, la mère contre le père. L'un ne va pas sans l'autre. Encore une fois, je voudrais le répéter et je terminerai par là: aucune vie ne peut se développer ni s'épanouir toute seule, sans une autre vie pour l'accueillir, et c'est là que nous avons besoin d'équilibre. Or, cet équilibre, avec l'initiative, il est complètement détruit.

C'est pourquoi, encore une fois, je vous demande de rejeter l'initiative populaire.