Recordon Luc · Ständerat · 2015-03-03
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-03-03
Wortprotokoll
C'est un propos que vient de tenir Monsieur le conseiller fédéral Burkhalter qui m'incite à lui poser une question supplémentaire. Vous avez dit, Monsieur le conseiller fédéral, qu'il était fort difficile de connaître véritablement l'opinion du peuple sahraoui. Evidemment, je partage cet avis, car c'est un fait patent. En revanche, cela m'incite à me poser la question de savoir si nous ne devrions pas être plus actifs pour aider cette population à exprimer son opinion.
Je rappelle, et c'est l'occasion de lui rendre hommage, que la Suisse est active en Afrique de l'Ouest et dans d'autres endroits pour tenter de favoriser le dialogue et la construction de l'expression d'une volonté démocratique, par exemple au Mali. Je fais le lien avec les discussions qu'on a eues tout à l'heure sur le terrorisme. Il me semble qu'une des nombreuses inquiétudes en Afrique subsaharienne, toujours à la limite du monde arabe ou maghrébin et du monde africain, c'est l'instabilité croissante dont profitent des mouvements comme Al-Qaïda au Maghreb, par exemple. Ma crainte est que cela s'étende, à force de découragement, à des populations sahraouies qui pourraient se radicaliser. Actuellement, on a pu échapper, me semble-t-il, à ce type de danger, mais on peut quand même craindre que cela se propage, surtout avec le nombre d'armes qui circulent depuis l'explosion incontrôlée de la Libye et qui ont pratiquement envahi toute cette zone subsaharienne.
Donc, ne serait-ce pas à une tâche pour nous que d'essayer de contribuer à une meilleure expression de la volonté du peuple sahraoui dans la partie non occupée, à savoir les populations des camps de la région de Tindouf? Evidemment, [PAGE 19] c'est plus difficile en raison de la non-coopération patente du Maroc dans la zone que le Maroc occupe illégalement.