Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2014-06-12
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-06-12
Wortprotokoll
Comme vous l'avez peut-être remarqué, je suis la cosignataire de l'interpellation de Madame Seydoux-Christe. Si j'ai cosigné cette interpellation, c'est parce que j'avais soulevé le même problème par une motion intitulée "Présence parentale auprès d'enfants gravement malades" déposée en 2008 déjà (08.3838). Je souhaite insister sur le fait que - même si Madame Seydoux-Christe l'a fait de manière tout à fait convaincante à l'instant - cette affaire traîne depuis très longtemps, ce qui manifeste, me semble-t-il, un certain mépris envers les parlementaires, qui ont finalement transmis le postulat Seydoux-Christe 09.4199 déposé en 2009.
On peut encore s'accommoder d'un mépris envers les parlementaires. En revanche, le mépris envers les parents et les familles concernées est beaucoup plus difficile à accepter. Il est vrai qu'on pourrait même - si on provoquait un tout petit peu - poser la question suivante au Conseil fédéral: si d'autres interpellations, motions et postulats sont déposés jusqu'à la fin de cette année, de combien d'années encore le rapport promis sera-t-il repoussé? Je reconnais que c'est un petit peu fort comme interpellation, d'autant plus que Madame la conseillère fédérale Sommaruga ici présente n'est pas celle qui avait répondu à la motion ni au postulat de l'époque, ce qui montre aussi que les années passent. Néanmoins, il y a maintenant nécessité d'agir. A l'appui de ce sentiment d'urgence et de nécessité qui m'habite, je souhaite vous citer un message, parmi de nombreux reçus sur cette problématique, qui me semble le mieux à même d'exemplifier la situation dans laquelle se trouvent les familles confrontées à ces difficultés. Le message dit ceci:
"Je suis maman d'une petite fille âgée maintenant de 11 mois. A l'âge de 3 mois, nous avons découvert que notre fille était atteinte d'une rare maladie du foie. Elle a été opérée en urgence une première fois au mois de juillet 2011, puis hospitalisée encore quatre semaines pendant l'automne. Elle a été inscrite sur la liste d'attente pour recevoir un foie et a été greffée en décembre 2011, à l'âge de 8 mois et 3 jours. J'ai recommencé à travailler après mon congé maternité, mais n'ai pu y aller que trois semaines au vu de l'état de santé de ma fille, car il fallait rester avec elle puisqu'il n'y avait pas de solution de garde, personne n'étant en capacité de s'occuper d'une petite fille malade. J'ai été à l'assurance, car je n'étais plus capable de travailler. Mon employeur m'a payé un mois, puis son assurance a refusé mes certificats médicaux, sous prétexte que j'étais à l'assurance juste pour m'occuper de ma fille. En janvier 2012, ma fille sauvée, mon état psychique s'est totalement amélioré, et j'ai demandé à mon employeur un congé sans solde. En réponse, j'ai reçu ma lettre de licenciement. Il va falloir maintenant que je retrouve du travail, que je m'inscrive au chômage, et je vous affirme que, dans toutes les épreuves que [PAGE 546] j'ai traversées, cette dernière sera probablement la plus difficile."
Voilà peut-être ces quelques mots à l'appui de ce sentiment d'urgence et de nécessité d'agir.