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Berberat Didier · Ständerat · 2014-12-11

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-12-11

Wortprotokoll

Je vous remercie de me permettre d'intervenir bien que je ne sois pas membre de la commission.

Nous disposons, en Suisse, de systèmes de formation professionnelle et de formation professionnelle supérieure de grande qualité. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer ce qui se passe à l'étranger, mais surtout de considérer le fait que les pays étrangers sont très intéressés par notre système de formation, ce que Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann pourra confirmer. En effet, il ne se passe pas une semaine sans qu'une délégation étrangère ne vienne voir comment cela fonctionne dans notre pays.

Le système de formation professionnelle est donc extrêmement performant, mais le problème qui se pose, c'est que beaucoup de personnes y prennent part et que cela engendre des coûts considérables. A ce sujet, il convient de se poser la question de l'égalité de traitement entre les personnes qui suivent une formation dans une université ou une HES et les personnes qui prennent part à une formation professionnelle supérieure qu'ils doivent en grande partie financer de leur propre poche. Au total, 70 000 personnes suivent une formation professionnelle supérieure et 28 000 diplômes sont décernés chaque année, ce qui n'est pas, et de loin, anecdotique.

Je ne pense pas que l'on puisse dire que l'université corresponde à la première classe, les HES à la deuxième classe et la formation professionnelle supérieure à la troisième classe. Je pense que ces formations sont différentes, complémentaires et de valeur équivalente, même si les qualités et qualifications demandées aux différentes personnes ne sont pas forcément identiques. Ces formations doivent être mises sur un pied d'égalité, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il convienne d'utiliser les mêmes titres pour reconnaître ces diplômés.

Les professions liées à la formation professionnelle supérieure sont très mal connues en Suisse. Comme l'a rappelé Monsieur Germann, de nombreuses grandes entreprises sont en mains étrangères, et les personnes qui dirigent ces entreprises connaissent assez mal la formation professionnelle ainsi que la formation professionnelle supérieure suisses. Le Conseil fédéral nous dit qu'il a les moyens de mieux valoriser la formation professionnelle supérieure par le biais du cadre européen des certifications, des suppléments au diplôme et du cadre national des certifications. Je demande à Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann quels sont les moyens que le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche entend mettre en oeuvre en vue d'une meilleure mise en valeur de la formation professionnelle supérieure et des titres qui en découlent. Certes, le postulat charge le Conseil fédéral de prendre quelques mesures - j'y suis favorable -, mais, dans la pratique, qu'envisagez-vous de faire, sachant que les brevets et les maîtrises sont mal connus en Suisse et à l'étranger? Il est souhaité que les jeunes Suissesses et Suisses puissent se déplacer à l'étranger pour y travailler et, forcément, afin de pouvoir les embaucher, il est normal que les employeurs connaissent les équivalences des titres obtenus en Suisse.

Je considère que l'intention de la motion est louable. Je ne suis toutefois pas sûr que les moyens soient les plus adéquats en vue de parvenir à nos fins. Il serait donc intéressant que le Conseil fédéral puisse nous dire, assez clairement, ce qu'il envisage d'entreprendre pour que les titres délivrés soient mieux connus et valorisés.