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Amaudruz Céline · Nationalrat · 2015-03-18

Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2015-03-18

Wortprotokoll

J'aborderai le thème du franc fort sous l'angle de Genève en tant que canton frontalier et ville internationale.

Si l'abandon du taux plancher met l'ensemble de l'économie suisse à rude épreuve, les effets de la mesure de la Banque nationale suisse sont exacerbés dans les cantons frontaliers. Les effets de la dépréciation de la devise européenne ne se font pas sentir uniquement sur l'industrie d'exportation, mais aussi sur les entreprises et les commerces à la clientèle essentiellement locale, qui peut facilement traverser la frontière pour acquérir les mêmes biens et services à des prix inférieurs. Alors que les commerçants genevois voient leur clientèle diminuer, les centres commerciaux situés en France voisine connaissent une des meilleures affluences jamais atteinte.

Un autre point d'inquiétude est le futur de la Genève internationale. En effet, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales ont de plus en plus de difficultés à tenir leur budget, établi en devises étrangères, et à assumer les dépenses courantes, libellées en francs suisses. Le secteur public international, qui représente près d'un emploi sur dix recensés dans le canton, risque de procéder à des délocalisations. Il y a à peine dix jours, nous apprenions qu'une institution internationale du secteur public envisageait de faire des économies en transférant une partie des emplois de Genève à Copenhague. Pour Genève, cela serait évidemment une perte et un très mauvais signal. Mais pour Berne aussi! N'oublions pas que les employés de ce secteur consomment et donc paient la TVA. La perte touchera massivement le budget de la Confédération.

Avec 113 000 frontaliers travaillant à Genève, l'appréciation du franc suisse incitera toujours plus de citoyens de la zone euro à venir postuler pour des emplois à Genève, et ce au détriment de la population locale, qui risque de faire les frais de restructurations et de délocalisations.

Dans l'industrie de la production, une étude a relevé qu'un tiers des firmes envisageraient de réduire leurs effectifs.

Dans un tel contexte, il est urgent que le principe de la priorité nationale, de la priorité aux résidents, ne soit pas une simple théorie mais un réel principe, afin de mieux intégrer une main-d'oeuvre indigène victime collatérale de l'abandon du taux plancher.

Il faut également rappeler qu'à cause de la marge artificiellement créée par la Banque nationale suisse, qui certes a notamment permis aux entreprises suisses de prospérer, le Parlement a pris de très mauvaises habitudes: les Chambres fédérales ont sans cesse augmenté la réglementation, la bureaucratie et les frais des entreprises. Les coûts de la réglementation s'élèvent annuellement à 50 milliards de francs, soit 10 pour cent du produit intérieur brut. Tels sont les coûts qui sont exigés chaque année de nos entreprises et qui portent un énorme préjudice à notre économie et à notre société.

Le Parlement aurait dû et devrait s'abstenir d'imposer un fardeau financier supplémentaire aux citoyennes et aux citoyens, aux entreprises et à l'économie. Il devrait libérer les entreprises de ce poids et de la jungle des règlements, mais c'est précisément l'inverse qui a lieu. La fin du taux plancher doit marquer la fin de cette inflation législative, doit être un retour à un Etat plus libéral, sinon ce sera la mort des entreprises et leur délocalisation, que les adeptes de la surréglementation au Parlement auront rendues possibles.