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Germanier Jean-René · Nationalrat · 2015-03-18

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2015-03-18

Wortprotokoll

Oui, l'abolition du taux plancher du franc par rapport à l'euro a été un choc brutal pour notre pays. Pour le groupe libéral-radical, la solution à cette situation difficile passe par le maintien de notre compétitivité et donc par des conditions-cadres adéquates.

Le groupe libéral-radical soutient nos institutions, soutient le principe d'une Banque nationale indépendante qui prend ses décisions de manière autonome pour remplir son mandat constitutionnel, pour jouer son rôle de régulateur sur le marché et pour mener une politique monétaire dans l'intérêt de tous. Elle l'a bien fait et, aujourd'hui, elle a certainement aussi gardé sa marge de manoeuvre pour le futur. La solution ne passe pas par l'Etat mais bien par la performance des services et la qualité des produits. Nous devons viser des marchés qui ne sont pas uniquement liés aux prix. L'économie suisse est beaucoup plus diversifiée qu'il y a quatre ans et c'est une force non négligeable pour affronter cette situation liée au franc fort.

Le groupe libéral-radical a établi un programme en 18 points pour faire face au franc fort. Il ne s'agit pas d'accorder des subventions ou d'attribuer plus de pouvoir à l'Etat. Non, nous [PAGE 468] sommes convaincus qu'un engagement de l'Etat ne pourrait pas cibler les entreprises d'exportation. Nous sommes tous des acteurs de l'économie. Pour soutenir notre économie, pour qu'elle soit compétitive et pour que la Suisse reste attractive, il est primordial d'adapter nos conditions-cadres pour qu'elles soient véritablement favorables aux entreprises, à leur implantation et à leur développement. Cela passe non seulement par la fiscalité, mais aussi par l'offre d'infrastructures qui permettent de servir nos industries, par une promotion renforcée, par exemple pour le tourisme qui est particulièrement touché puisque c'est une industrie d'exportation.

Le groupe libéral-radical demande au Conseil fédéral de revoir les objectifs de certains projets législatifs pour que la compétitivité de nos entreprises ne soit pas davantage mise à mal. Il ne faut pas de nouvelles charges ni de nouveaux impôts. Il appartient au politique de fournir le cadre d'action des entreprises. Nous sommes certains que c'est aux entreprises de prendre des mesures pour contrer le franc fort, mais que c'est à nous, politiques, de faciliter les choses en offrant ce cadre d'action pour améliorer les performances et pour faire face à la situation nouvelle.

Nous avons plusieurs objets en cours de traitement, qui représentent désormais un danger pour notre économie, puisqu'ils ne feraient qu'affaiblir un peu plus notre compétitivité, affaiblir la prospérité de notre économie, affaiblir l'emploi. Le groupe libéral-radical souhaite donc une adaptation en conséquence. Il encourage, par exemple, à renoncer à l'ancien contre-projet à l'initiative populaire Economie verte. La réforme de la prévoyance vieillesse 2020 doit être redimensionnée. Le groupe libéral-radical soutient une application rapide des mesures les plus urgentes, telles que les mécanismes d'intervention ou l'harmonisation de l'âge de la retraite.

La révision du droit des sociétés anonymes va bien au-delà de l'ordonnance sur les salaires abusifs. Il semble désormais utile de revoir cet enthousiasme. Les entreprises doivent disposer d'un cadre leur permettant d'être compétitives, un cadre svelte pour que la place économique suisse soit attractive. Limitons les règles et les charges au maximum pour garder nos entreprises et garantir nos emplois. En plus de garder nos entreprises, il faut également penser à l'avenir et donc encourager sans retenue la recherche et l'innovation.

Par son interpellation, le groupe libéral-radical demande au Conseil fédéral s'il est prêt à encourager la recherche et l'innovation en général et plus particulièrement dans les start-up, en facilitant les investissements dans ces entreprises. Il est encore plus important de soutenir les projets novateurs en cette période. Notre principale matière première, c'est la recherche et l'innovation. Nous devons offrir les conditions les plus favorables pour les entrepreneurs et les chercheurs.

Nous avons des atouts pour faire face au franc fort. L'abandon du taux plancher a mis en évidence la réforme de l'imposition des entreprises III, qui est maintenant sur le devant de la scène. Il est important de créer une sécurité juridique pour les entreprises. Cette réforme est donc une priorité.

Le groupe libéral-radical demande au Conseil fédéral s'il est véritablement disposé à traiter en priorité ce dossier de la réforme de l'imposition des entreprises III.

Tant la sphère politique que la sphère économique doivent se concentrer sur les mesures clés de la réforme pour qu'elle puisse être mise en oeuvre rapidement. Il faut que les impôts des entreprises baissent et qu'ils soient attractifs. Moins d'impôts, c'est plus de moyens pour les investissements des entreprises et pour leur développement.

De plus, notre groupe s'oppose à un impôt sur les gains en capital, un impôt qui n'a plus lieu d'être et qui plombe les politiques de développement des entreprises. Des mesures centrales doivent être mises en oeuvre rapidement pour maintenir notre compétitivité. Au-delà du prix, la compétitivité de la Suisse, c'est d'abord la performance de ses services et la qualité de ses produits.

Notre action politique doit offrir à nos entreprises des conditions pour un développement à long terme qui leur apporte ces perspectives. Des perspectives pour les entreprises, c'est bien sûr des perspectives pour l'emploi, un emploi qui, jusqu'à aujourd'hui, a pu être maintenu à un haut niveau grâce à une législation sur le travail qui encourage l'embauche, la flexibilité et la performance.

Maintenons ces conditions favorables pour notre développement!