Bourgeois Jacques · Nationalrat · 2015-03-19
Bourgeois Jacques · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2015-03-19
Wortprotokoll
Les questions environnementales, comme la politique climatique, l'érosion de nos ressources naturelles - soit l'air, l'eau et le sol -, la biodiversité ou encore les atteintes à l'environnement sont avant tout des enjeux planétaires et mondiaux.
Conformément à l'article 54 alinéa 2 de notre Constitution, la Suisse s'engage sur le plan international pour la préservation des ressources naturelles. Le Fonds pour l'environnement mondial est un des instruments qui permettent de lutter contre les substances qui détruisent la couche d'ozone; cet instrument contribue activement à la protection du climat. La température moyenne à la surface du globe a connu, au cours de ces 130 dernières années, une augmentation de 0,85 degré Celsius. Les experts prévoient à l'horizon 2100 un accroissement de la température à la surface du globe se situant entre 0,3 et 1,7 degré Celsius, voire, selon d'autres [PAGE 522] calculs, une augmentation qui pourrait aller de 2,6 à 4,8 degrés Celsius. Une telle élévation de la température à la surface du globe ne resterait pas sans conséquence sur notre écosystème. Nos ressources naturelles s'en trouveraient affectées, avec un déplacement des pôles de production des denrées alimentaires; les conditions météorologiques deviendraient de plus en plus capricieuses - ouragans, intempéries; des populations entières devraient migrer vers l'intérieur des terres en raison de l'élévation du niveau des mers; une diminution drastique de la diversité des espèces surviendrait, avec l'apparition de nouveaux fléaux à combattre. Nous en avons d'ailleurs fait la triste expérience l'année dernière avec la mouche Drosophila suzukii et le capricorne asiatique, pour ne citer que ces deux exemples.
Pour le groupe libéral-radical, il est nécessaire que la Suisse apporte sa contribution sur le plan mondial pour préserver l'environnement. Nous sommes d'avis que nous devons apporter notre pierre à l'édifice, car il s'agit avant tout d'enjeux planétaires. Toutefois, la Suisse ne doit pas faire cavalier seul, comme ce fut le cas avec l'acceptation de la loi sur le CO2, où nous avions légiféré dans le sens d'une diminution, exclusivement dans notre pays, de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020.
Ainsi le groupe libéral-radical soutient le crédit-cadre de 147,83 millions de francs qui nous est soumis, ce qui correspond, à côté des 46 autres Etats contributeurs, à notre dû calculé sur la base de notre produit intérieur brut. Nous demandons toutefois au Conseil fédéral non seulement qu'il veille à continuer à participer à la gouvernance de ce fonds et à y jouer un rôle actif quant au choix des projets et à l'utilisation des moyens financiers mis à disposition, mais aussi qu'il encourage à faire procéder à un examen régulier, par une instance neutre, de l'efficacité des projets soutenus par le Fonds pour l'environnement mondial.
Nous demandons également que les moyens financiers requis ne viennent pas grever nos finances fédérales et soient intégrés dans le budget de l'aide publique au développement, auquel 0,5 pour cent du revenu national brut vient justement d'être alloué. Ce montant devrait par conséquent s'inscrire dans le budget prévu à cet effet.
Notre proposition est sensée puisque la pauvreté est souvent la cause d'atteintes à l'environnement. En effet, les exploitants, faute de terres suffisantes, peuvent se trouver dans la situation de devoir les surexploiter afin de pouvoir retirer un certain revenu de leur travail. Cette tendance est malheureusement attestée par le fait que ce ne sont plus les pays industrialisés mais les pays en voie de développement qui sont responsables de 57 pour cent des émissions de gaz à effet de serre.
Avec ces considérations, et au nom du groupe libéral-radical, je vous invite à approuver ce sixième crédit-cadre en faveur du Fonds pour l'environnement mondial.