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Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2015-06-03

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2015-06-03

Wortprotokoll

Par cette initiative populaire, les initiants demandent, comme cela a déjà été dit, plus d'argent pour la route. Le réseau des routes nationales suisse a atteint la limite de ses capacités. L'encombrement de notre réseau routier ne cesse de s'accroître et la forte croissance du trafic de ces dernières décennies est un lourd défi pour nos diverses infrastructures de transport. A de nombreux endroits, sur les autoroutes, le trafic est fortement entravé, surtout en début de matinée et en fin de journée.

L'optimisation des flux de trafic moyennant des mesures de gestion comme l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence, la réduction temporaire de la vitesse ou l'interdiction faite aux poids lourds de dépasser sur certains tronçons et à certaines heures, atténue certes les problèmes, mais ne constitue pas la solution sur le long terme. L'objectif doit être d'éliminer, avec les moyens à disposition, les principaux goulets d'étranglement et de procéder à des aménagements sur tout le réseau avec l'argent généré par les taxes prélevées sur le trafic routier.

En Suisse romande, l'autoroute A1, à la hauteur de l'échangeur de Crissier, est surchargée. Le grand contournement de Morges, à moyen terme, sera une nécessité pour maintenir une certaine fluidité du trafic à cet endroit. Il faut désormais faire avancer l'aménagement et l'entretien de la route. Les besoins en termes d'investissements sont énormes. La route a impérativement besoin des recettes du trafic routier pour financer ses propres projets.

Le rail, avec la constitution du fonds de financement et d'aménagement de l'infrastructure ferroviaire accepté dernièrement par le peuple, bénéficie d'une assurance de financement à moyen terme. La route devrait aussi pouvoir bénéficier d'un fonds spécifique pour le trafic routier.

Le rail a aussi besoin de la route. L'accident survenu à Daillens le 25 avril 2015 a démontré que notre réseau ferroviaire était vulnérable et qu'une complémentarité avec la route est toujours bienvenue et surtout nécessaire. A cet endroit, la liaison ferroviaire a été coupée pendant plus d'une semaine et c'est l'autoroute qui a permis d'acheminer les pendulaires en automobile ou en autocar. Je reconnais toutefois également que le rail contribue à limiter le trafic routier aux heures de pointe.

Donc, tous les modes de transport doivent être pris en compte, sans oeillères idéologiques, en fonction de leurs avantages réciproques, pour contribuer au libre épanouissement de tous les habitants et pour garantir la prospérité de notre pays.

Environ 60 pour cent des dépenses fédérales pour le trafic sont attribués aux transports publics, tandis que seuls 36 pour cent sont investis dans la circulation routière. En ce qui concerne les revenus, la route rapporte beaucoup plus à la Confédération que le rail.

L'initiative prévoit que l'on respecte le principe de causalité ainsi qu'un meilleur équilibrage des différents flux financiers. Les initiants sont prêts à revoir certaines modalités d'adaptation, comme nous l'avons entendu lors du débat de ce matin.

Je vous demande donc de recommander au peuple et aux cantons de soutenir l'initiative.