Rossini Stéphane · Nationalrat · 2001-12-12
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-12-12
Wortprotokoll
Lorsqu'il s'agit de se préoccuper de l'essence même des conditions de notre prospérité, on [PAGE 1864] ne saurait vivre avec de bonnes intentions seulement, fussent-elles partiellement contenues dans une loi fédérale quasiment sous toit, comme l'ont dit divers collègues précédemment. L'intensité de nos débats sur la formation professionnelle, mais aussi de nos débats sur la question des technologies de l'information, atteste de notre intérêt pour cette problématique et c'est tant mieux. Cependant, notre engagement manifestement constructif en faveur de la meilleure valorisation possible de notre unique matière première, à savoir les compétences de notre population, ne doit pas s'arrêter en chemin.
Le contenu de l'initiative pour des places d'apprentissage va au-delà de simples déclarations de portée générale. L'initiative entend définir clairement des objectifs politiques. Ainsi, en se prononçant sur le droit, l'offre, la qualité, en créant un fonds ad hoc, le texte ne formule pas de voeux pieux, mais il détermine le cadre indispensable à l'intérieur duquel nous entendons procéder au renouvellement fiable d'une main-d'oeuvre qui devra satisfaire de plus en plus à des exigences professionnelles accrues et, qui plus est, devra être capable de répondre aux défis de la formation continue, pour ce dernier point, dans des conditions particulièrement précaires dans notre pays. Tous les acteurs économiques doivent y participer, pour éviter qu'une minorité s'engage et qu'une majorité en profite.
Garant de ces conditions-cadres, l'Etat ne peut postuler simplement une offre adéquate de places d'apprentissage. Il y a des moments où l'interventionnisme est de mise, à la fois en termes quantitatifs mais aussi en termes qualitatifs. Ainsi, cet engagement se traduit concrètement par le passage du "pouvoir intervenir" au "devoir intervenir". Certes, la marge d'interprétation s'en trouve réduite, mais la détermination politique s'en trouve, elle, accrue d'autant. C'est le but recherché par les auteurs de l'initiative. Par ailleurs, en postulant la comparaison internationale, nous visons le positionnement de notre pays dans le groupe des meilleurs. Pour cela, les exigences de l'initiative seront utiles.
Enfin, on ne saurait brandir contre l'initiative, sans nuances ni réserves, les arguments de la contrainte faite aux entreprises ou de l'obligation faite aux gens d'acquérir une formation, comme cela est prétendu dans le message du Conseil fédéral, à la page 93. C'est faux! Coller un caractère excessif à l'initiative, c'est délibérément l'affaiblir.
Mais, comme l'initiative populaire n'est pas excessive, elle mérite donc d'être soutenue.