Savary Géraldine · Ständerat · 2015-03-19
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-03-19
Wortprotokoll
Je reviens sur les propos de Monsieur Kuprecht, en particulier sur ce qu'il affirme au sujet de la représentation de la Suisse romande dans les trois brigades mécanisées.
En effet, cet argument a été bien mis en avant par la majorité de la commission. Durant les travaux de la commission, j'ai pris acte des propos extrêmement rassurant du commandant de corps Blattmann qui nous a assuré qu'avec deux brigades motorisées la Suisse romande serait dignement et correctement représentée. Je pars donc du principe que ces [PAGE 280] propos engageaient aussi l'armée dans son entier et dans sa future organisation.
Durant les auditions, nous avons entendu des représentants de Pro Militia, du Groupe Giardino et de la Société suisse des officiers. Leur principale revendication dans le cadre du futur développement de l'armée était la mise en place d'une troisième brigade mécanisée. Comme l'a indiqué Monsieur Kuprecht, ils nous ont soumis de fortes images montrant le président russe arrivant en deux semaines à Kiev et donc en trois semaines à Saint-Gall, d'où la nécessité de disposer de forces mécanisées susceptibles d'arrêter ce type d'attaques. Ce qui m'a un peu frappée et que je n'avais jamais vu depuis le début de ma carrière politique, c'est que le Conseil fédéral, à la suite de ces auditions de Pro Militia, du Groupe Giardino et de la Société suisse des officiers qui exigeaient la troisième brigade mécanisée, avant même que la commission se prononce formellement sur l'article 2 relatif à la structure de l'armée, avait déjà quasiment intégré cette demande dans son projet. Avant même que la commission se prononce, que la majorité et la minorité s'expriment, on nous soumettait déjà un texte qui incluait les revendications des représentants des associations que nous avions auditionnées et qui s'inscrivaient dans le cadre des ordonnances relatives aux brigades mécanisées.
Je peux bien comprendre que nous souhaitions ainsi éviter toute possibilité de lancement d'un référendum de la part d'organisations comme Pro Militia ou le Groupe Giardino mais, tout de même, le débat aurait pu avoir lieu ou alors le département aurait pu se prononcer après que la commission eut définitivement traité la question.
Je vous invite à soutenir la proposition de la minorité Recordon, même si je dois aussi reconnaître que la problématique financière n'est pas au centre de cette question, puisque, d'après les explications qui nous ont été fournies, il s'agit d'un transfert de crédits dans la structure financière de l'armée et que les sommes ainsi dépensées pour mettre en place une troisième brigade mécanisée ne seraient pas exorbitantes.