Voruz Eric · Nationalrat · 2015-06-16
Voruz Eric · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-06-16
Wortprotokoll
En ce qui concerne l'achat de drones à Israël, pour des raisons évidentes, le groupe socialiste votera en priorité la proposition de la minorité I (Allemann) qui vise à supprimer le système de drones de reconnaissance 15. Cela se justifie par le fait que le gouvernement d'extrême-droite d'Israël utilise cette arme contre toutes les populations civiles de Palestine, c'est-à-dire à Gaza, ne faisant même plus la différence entre les populations civiles et le Hamas. Le gouvernement israélien devrait savoir que sa politique menée contre la population de Palestine jette cette dernière dans les bras du Hamas. De plus, l'occupation illégale par les colons de terres ne leur appartenant pas amplifie les conflits.
On ne peut pas ignorer ces faits et nous devons considérer qu'Israël est en guerre. Donc la Suisse ne peut pas acheter des armes à un pays en guerre. C'est dans cet état d'esprit que nous devons analyser la situation. Le droit d'Israël de se défendre contre les menaces extérieures n'est pas mis en cause. Mais, quand il s'agit de détruire des pans entiers d'habitations et d'infrastructures civiles, la Suisse ne doit pas non plus l'ignorer.
J'en viens maintenant aux trois propositions de minorité. La minorité I va dans le sens de ce que je viens d'expliquer. C'est essentiellement pour cette raison que le groupe socialiste refuse l'achat des drones israéliens, donc refuse le crédit de 250 millions de francs prévu à cet effet. Nous proposons d'accorder le crédit de 292 millions de francs, soit 21 millions de francs pour l'efficacité et l'engagement et 271 millions de francs pour la mobilité, selon la liste des crédits d'engagement figurant à l'annexe du dépliant.
La minorité II (van Singer) propose de supprimer un tiers des véhicules légers tout-terrain estimant que, avec une armée de 80 000 militaires et un budget global de la défense de 4,4 milliards de francs, selon le premier message présenté par le Conseil fédéral, cela serait logique. Cette option n'a malheureusement pas été retenue par le Parlement, d'autant moins que le Conseil fédéral s'est rallié à la position de notre conseil, puis à celle du Conseil des Etats pour le projet de développement de l'armée.
Enfin, en cas de rejet des propositions des minorités I et II, ma proposition de minorité prévoit d'adapter le taux de change euro/franc suisse au taux actuel. En effet, les véhicules légers tout-terrain, qui seront affectés à l'armée de terre, sont essentiellement achetés en Allemagne. Je le dis à l'intention de Monsieur Hiltpold: ils sont achetés en Allemagne, donc en Europe.
Le projet du Conseil fédéral date du 11 février 2015, date à laquelle un euro valait 1,25 franc. Avec la suppression du taux plancher, décidée par la Banque nationale suisse, un euro ne vaut aujourd'hui plus que 1,05 franc, et même 1,04 franc selon le taux du jour. Le montant de 207 millions de francs, prévu pour les véhicules tout-terrain, correspond donc au taux actuel euro/franc suisse, qui ne changera pas d'ici quelques mois.
La Commission des finances nous demande d'être prudents dans l'ensemble des dépenses. Certains diront que la sécurité n'a pas de prix. Pour d'autres, ce sont la santé publique et l'éducation qui n'ont pas de prix. Et pourtant, la Commission des finances a proposé des diminutions de dépenses dans ces derniers domaines également.
Notre conseil n'est pas une simple chambre d'enregistrement. Le groupe socialiste considère que les propositions de minorité vont dans le sens d'une volonté de consensus, ce qui n'est malheureusement pas compris par la majorité.
Si toutes les propositions de minorité sont rejetées, le groupe socialiste sera obligé de rejeter le projet lors du vote sur l'ensemble.