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Perrin Yvan · Nationalrat · 2012-12-12

Perrin Yvan · Nationalrat · Neuenburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-12-12

Wortprotokoll

Je ferai d'abord quelques remarques sur ce qui a été dit au cours du débat. Tout d'abord, on a entendu que l'obligation de servir serait justifiée seulement dans le cas où la situation mondiale serait préoccupante. On a souvent attendu que telle soit la situation avant d'agir et, à chaque fois, l'histoire a répondu en deux mots: trop tard!

Notre armée serait inadaptée aux nouvelles menaces. Il est vrai que, même en tendant attentivement l'oreille, on ne détecte aucun bruit de bottes à nos frontières, mais les choses évoluent très vite. Dans son "Global Peace Index", édition 2010, le très sérieux "Economist" classe la Grande-Bretagne, la France et l'Italie dans les pays à perspective de paix élevée, avec la Tunisie, la Libye et l'Egypte! Les choses peuvent donc aller très vite, plus vite que les énergies humaines.

L'obligation de servir serait un handicap majeur pour notre économie. On peine à le croire, à considérer la situation qui est la nôtre; le contraire pourrait même être avancé si l'on compare avec la santé économique de nos voisins dotés d'armées professionnelles.

Le système actuel permet d'utiliser judicieusement les compétences lorsqu'on en a besoin, sans devoir occuper des professionnels dont on ne sait que faire en temps normal. Dans l'heure, grâce à notre structure, l'armée suisse peut remplir les missions les plus diverses, ceci toujours au profit de notre population. Peut-être est-il audacieux de prétendre que notre armée est la meilleure du monde, mais elle est sans aucun doute la meilleure pour la Suisse.

Cela a été dit, séparer droit et devoir, c'est vouloir traire sans fourrager: la vache n'aura bientôt plus de lait et le paysan plus de vache. Il en ira de même avec l'armée: si cette initiative est acceptée, elle n'aura bientôt plus de soldats et la Suisse plus d'armée.

La majorité de la commission ne le souhaite pas et vous propose donc de rejeter et l'initiative et le contre-projet.

[VS]