Marty Dick · Ständerat · 2001-12-03
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-12-03
Wortprotokoll
J'ai de nombreuses raisons de voter non. J'habite dans une région périphérique, tellement périphérique qu'il est assez difficile aujourd'hui d'atteindre le reste du pays, soit par une route qui passe à 2000 mètres d'altitude, soit par un chemin de fer qui remonte au XIXe siècle. C'est une région qui est assez pauvre en transports publics, parce que la population est très disséminée sur le territoire; c'est une région de frontière qui vit beaucoup du trafic journalier: les provinces de Côme et de Varèse ont 2 millions d'habitants, et cela dans un rayon kilométrique très restreint à partir de la frontière suisse. De plus, j'habite un petit village de montagne qui a 102 habitants et que ne desservent que quelques courses postales par jour.
Toutes ces raisons qui pourraient m'induire à voter non ne sont pas suffisantes pour que je m'oppose à l'initiative populaire ou au contre-projet. Malgré tous ces problèmes, malgré toutes ces difficultés, nous pouvons, comme pays, comme société, comme communauté, prendre la décision de dire: "Un jour par année, nous serons sans autos. Avec cela, nous voulons manifester notre volonté d'oeuvrer, même si cela n'a qu'une valeur symbolique, pour un développement durable." Je crois que ce serait un message pour nous-mêmes et un message pour la communauté internationale.
On vous a dit, on vous a écrit que c'est très mauvais pour le tourisme. Eh bien, voyez-vous, il y a beaucoup de personnes qui parlent au nom du tourisme. Moi, je me permets simplement de dire que si le peuple suisse devait décider qu'un jour par année il n'y aura pas d'autos en Suisse, je vous assure que le marketing touristique suisse exploitera cette idée d'une façon formidable. On pourra présenter la beauté de nos villes sans trafic. On pourra transformer nos vallées en pistes de vélo, de skate-board et de trottinette. On pourra faire de très nombreuses initiatives et les présenter avec des paquets promotionnels, avec des nuitées à des prix particuliers. Je crois que ce serait l'occasion d'une redécouverte. Donc, ce qui, apparemment, pourrait être un obstacle pour le tourisme, pourrait, en réalité, être une idée formidable de marketing.
Je suis parfaitement conscient qu'il y a des obstacles pratiques d'application, mais voyez-vous, moi, comme vous ou comme beaucoup d'entre vous, j'ai un souvenir tellement formidable de ces dimanches des années septante. Alors, cela a été possible! Je ne vois pas pourquoi aujourd'hui ça ne devrait pas être possible!
Le fait de l'eurocompatibilité aussi ne me paraît pas être un argument. M. Maissen, rapporteur de la commission, qui habite une zone tout à fait périphérique comme la mienne, l'a fait remarquer: la Commission européenne salue avec satisfaction cette idée qu'il y a dans notre pays et elle laisse entendre que cette idée fera son chemin aussi en Europe. Alors, je me demande pourquoi on ne pourrait pas être une fois les premiers. Je crois que c'est une idée qui vaut la peine d'être mise à l'épreuve; il y a une période de mise en pratique. Je pense qu'il vaut la peine qu'une société se mobilise pour une journée symbolique. Il n'y a pas besoin de toujours se mobiliser seulement pour payer moins d'impôts, pour faire un tas de trucs où c'est seulement le profit qui compte. On pourrait donner une fois un autre type de message.