Burkhalter Didier · Bundesrat · 2015-06-08
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2015-06-08
Wortprotokoll
L'attitude du ministre n'est pas différente de celle du reste du Conseil fédéral, comme vous le savez. Ce que je peux vous dire au sujet de l'importance de la question de la FIFA pour la Suisse, ce sont les choses suivantes.
D'abord, ce qui importe, c'est que la Suisse et ses institutions fonctionnent. La Suisse n'est pas la FIFA. La Suisse est un Etat qui a des institutions et qui a, lorsqu'il y a des soupçons de malversation ou de corruption, des possibilités d'agir, ce qu'elle a fait. En plus, notre pays honore les traités internationaux qu'elle a ratifiés, comme ceux qui concernent l'extradition. La Suisse est aussi un Etat de droit dans lequel les personnes soupçonnées ont le droit d'être traitées [PAGE 935] correctement et ont la possibilité de déposer des recours et dans lequel on ne les considère pas comme coupables avant même qu'elles n'aient été jugées.
Ensuite, du point de vue de l'image, c'est l'occasion pour la Suisse de démontrer à quel point elle est capable de se comporter en Etat de droit. C'est ce qui est apparu jusqu'à présent. En effet, à l'étranger, la différence entre la FIFA et la Suisse est très clairement faite. Je ne veux pas dire que ce sera toujours le cas. Pour le moment, tous les échos que nous avons eus - j'étais en Asie pendant que les événements se sont déroulés - allaient très clairement dans ce sens. D'un côté, il y a la FIFA, qui est une association, une entité indépendante, de l'autre il y a la Suisse et son image et en particulier sa capacité de démontrer son fonctionnement institutionnel et son caractère d'Etat de droit. Cela est bien connu.
Enfin, il y a le sport et le fait que beaucoup de fédérations internationales ont leur siège en Suisse. Par conséquent, on constate une concentration de pouvoirs en matière de sport dans notre pays. Cela est aussi connu et respecté. C'est la preuve qu'il y a chez nous un intérêt pour le développement du sport qui doit se faire, comme dans le reste de la société, en tenant compte des dangers, des risques et des chances. En ce sens-là, je vois pour ma part - peut-être suis-je un éternel optimiste - également quelque chose de positif dans ce qui se passe maintenant, notamment la chance de montrer qu'en Suisse tout se passe selon un fonctionnement institutionnel qui est juste, équitable, qui donne sa chance à chacun et qui permet à chacun de progresser et d'améliorer les choses lorsque cela est nécessaire tout en respectant les droits de chacun.