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Langenberger Christiane · Ständerat · 2001-12-11

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-12-11

Wortprotokoll

Nous sommes à quelques mois de nous déterminer sur l'"Armée XXI", une armée dont la compétence-clé restera la défense, alors qu'on lui prédit un avenir plus multifonctionnel, plus mobile, plus précis et plus performant. La palette de nos engagements devrait de plus s'étendre dans les domaines des contributions au soutien international à la paix, à la gestion de crises, de même que les engagements subsidiaires destinés à prévenir et à maîtriser les dangers existentiels devraient encore être développés. Ceci bien entendu en fonction de la marge de manoeuvre que nous laisseront de drôles d'alliances de nos partis à gauche et à droite de l'échiquier politique, nous obligeant à un subtil dosage de modernisme et de conservatisme.

Face à cette alchimie pleine d'incertitudes, d'une sécurité internationale tout aussi incertaine, marquée à la fois par des conflits conventionnels, des violences ethniques et des actes terroristes, nous nous trouvons à nouveau devant le difficile choix du renouvellement annuel de notre armement. Pour nous déterminer, nous ne pouvons éviter de nous poser certaines questions. Quelles sont les menaces futures dans cinq ans, dix ans, vingt ans? Comment nous y préparer [PAGE 949] au mieux? Combien voulons-nous consacrer à cette assurance d'indépendance et de sécurité pour notre population?

Mais que veut au juste le peuple suisse? Le peuple suisse vient de rejeter massivement l'idée de supprimer notre armée. La position du peuple suisse, et surtout de la Romandie, a été moins nette lorsqu'il s'est agi de réduire de moitié les dépenses de notre armée. Le peuple suisse a dit oui du bout des lèvres à l'armement de nos soldats à l'étranger.

Que veut dire cette trilogie? D'une part, certainement, l'affirmation d'avoir besoin d'une armée pour assurer notre sécurité; face à d'autres financements à assurer, notamment dans les domaines de la santé, des assurances sociales, de la formation, une exigence d'économie en matière d'investissements et d'administration au sein du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports; et enfin, une peur évidente de voir notre armée entraînée dans des missions d'imposition de la paix - je dis bien d'imposition de la paix -, que cela nous plaise ou non.

Vous allez me dire que la commande d'armement n'a rien à voir avec les objets de ces trois votations populaires. Je n'en suis pas si sûre. En tant que porte-parole de la population, nous devons tenir compte des attentes de celle-ci. Plus que jamais, il paraît indispensable que la commande d'aujourd'hui réponde aux critères d'efficacité, d'économie et d'adéquation à l'analyse de la menace. Or, il faut véritablement bien fouiller dans le message pour y détecter une analyse politique de cette menace.

Je crois que c'est véritablement le message qui a suscité une certaine mauvaise humeur au sein du Parlement.

Au lendemain d'actes terroristes qui ont déclenché une guerre, engendré des dommages économiques désastreux dont nous ignorons aujourd'hui encore toute la portée, que nous propose-t-on pour assurer notre sécurité?

Un complément de l'équipement de nos F/A-18, de la munition intelligente, des chars de dépannage, de nouveaux missiles, pour ne citer que le principal. Dans un premier temps, en commission, j'ai timidement proposé que l'on gèle certaines commandes, afin d'être sûrs que celles-ci soient adaptées aux besoins de l'"Armée XXI" et aux menaces futures. Bien des spécialistes estiment en effet que le choix opéré n'est pas forcément nécessaire pour l'armée que nous souhaitons, ni adapté aux concepts du rapport de la commission Brunner pourtant largement soutenus par notre Parlement.

Rien n'est prévu dans le message en relation avec la préparation à des actes terroristes, rien n'est prévu pour assurer notre mission géostratégique pourtant essentielle pour la défense de nos transversales. En revanche, je comprends qu'il est extrêmement délicat de repousser à plus tard certaines commandes. Il faut en effet - nous l'avons vu dans l'objet précédent - tenir compte du temps que pendant leur production et la mise à disposition de la troupe, de l'augmentation du budget que cela représenterait pour l'année prochaine et de la difficulté d'imposer de nouvelles restrictions au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, alors que les dépenses de l'armée ont subi durant les dernières décennies des réductions importantes.

C'est ainsi que je dis oui à ce programme d'armement 2001 tout en continuant à me demander si nous ne sommes véritablement pas en retard d'une guerre.