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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2015-09-10

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-09-10

Wortprotokoll

Permettez-moi quelques propos commémoratifs. En effet dans deux jours, nous célébrerons l'adoption de la Constitution fédérale de 1848, synonyme de la naissance de la Suisse moderne. Quelques années auparavant, en 1815, avait eu lieu le Congrès de Vienne.

Si on leur posait la question, la plupart des Suisses ne mentionneraient pas spontanément le Congrès de Vienne de 1815 comme ayant été un événement important de l'histoire de notre pays. Il faut dire que cet anniversaire ne suscite pas autant de passion ou de controverse que d'autres événements historiques, comme la bataille de Marignan en 1515.

Le Congrès de Vienne de 1815 constitue pourtant une étape cruciale vers l'Etat fédéral moderne. Après les guerres napoléoniennes, les grandes puissances européennes ont débattu des structures étatiques, des frontières nationales, de la répartition des territoires et des relations internationales sur le continent. Le résultat de leurs délibérations a remodelé non seulement l'Europe, mais aussi notre pays. Ainsi, les frontières de la Suisse telles qu'on les connaît aujourd'hui, entre autres, ont été fixées lors de négociations menées sur les rives du Danube.

La définition et le respect des frontières extérieures de la Suisse ont favorisé la mise en place d'un ordre politique intérieur et, en fin de compte, la création de l'Etat fédéral en 1848. Un autre élément a aussi contribué à la stabilisation du pays: la reconnaissance, souhaitée par la Suisse, de sa neutralité perpétuelle par les puissances qui participaient au Congrès de Vienne. A partir de ce moment, la Suisse ne s'est plus engagée dans aucune guerre à l'étranger et n'a plus jamais été attaquée militairement par un autre Etat. Au contraire, elle a souvent pu offrir ses bons offices en tant que médiatrice entre différentes parties à un conflit.

Les frontières nationales fraîchement définies comprenaient notamment les trois cantons qui venaient de rejoindre la Confédération, à savoir ceux de Genève, de Neuchâtel et du Valais, qui fêtent cette année le bicentenaire de leur entrée dans la Confédération - c'est donc un peu grâce au Congrès de Vienne que j'ai pu prendre place ici à la présidence du Conseil national! Auparavant, ces cantons entretenaient déjà des liens privilégiés avec la Confédération, mais leur intégration définitive, imposée par les puissances européennes, s'est révélée primordiale pour l'avenir du pays. Les frontières cantonales ont été tracées il y a deux cents ans et elles sont demeurées presque inchangées à ce jour, à l'exception du canton du Jura.

Les diverses décisions et conséquences du Congrès de Vienne se rapportant à la Suisse peuvent évidemment faire l'objet d'analyses et d'interprétations nuancées, mais chacun devrait pouvoir trouver des points positifs dans cet événement. Et ces points positifs justifient la commémoration de l'événement. Je vous propose de vous en convaincre en consultant les actes les plus importants de cette époque, comme les dispositions édictées par le Congrès de Vienne concernant la Suisse ou encore le Pacte fédéral du 7 août 1815. Ces documents qui nous ont été aimablement prêtés par les Archives fédérales sont exposés devant la statue des Trois Confédérés - vous pourrez les voir jusqu'à la fin de la session.