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Recordon Luc · Ständerat · 2015-09-24

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-09-24

Wortprotokoll

Je souhaite insister sur les éléments suivants: le fanatisme quasi religieux et le manque de vision du projet. En effet, la manière dont il présente la nécessité de libéralisation dans le petit commerce a quelque chose d'un "djihad néolibéral". (Hilarité) Aucun argument véritablement objectif ne fonctionne. On sait que cette mesure n'apportera rien ou à peu près rien par rapport au tourisme d'achat. Mais on en a tellement envie, c'est tellement ancré dans le coeur, c'est tellement profond, c'est tellement émotionnel, qu'il faut voter sur cette question pour faire une sorte de démonstration.

J'en appelle à faire preuve d'un petit peu de bon sens. Il y a un manque de vision, je dirai presque une certaine cécité, quant à ce que la libéralisation des heures d'ouverture représente pour beaucoup de personnes. Cela n'a l'air de rien d'ouvrir les magasins quelques heures de plus en fin de journée, mais pas pour ceux qui travaillent et qui ont une famille. En effet, des études extrêmement convaincantes montrent que les horaires irréguliers perturbent la vie familiale tout comme la santé et contribuent à aggraver un problème important de santé publique et de santé au travail, à savoir l'augmentation du stress.

Il ne faut pas, d'un côté, tout faire pour diminuer nos dépenses de santé publique et, de l'autre, par de petites mesures comme celle faisant l'objet du présent projet, éroder la qualité de la santé au travail. En mettant les deux aspects dans la balance, je trouve quand même que cela ne vaut pas la peine de prendre des risques de cette importance juste pour se faire plaisir. Peu d'apports pour l'économie, des problèmes non négligeables pour la santé, c'est cela la pesée des intérêts à laquelle il convient de procéder.

Il y a aussi l'argument du fédéralisme. Quand les cantons, de manière aussi massive, nous disent par le biais de la conférence de leurs gouvernements qu'ils ne veulent pas qu'on se mêle de leurs affaires, en effet, ne nous mêlons pas de leurs affaires! Ils sont plus près du terrain pour s'en occuper, cela a été dit par d'autres, et en ce qui concerne mon canton, ce dernier se débrouille très bien sans que "Maman Confédération" vienne lui dire ce qu'il doit faire dans ce domaine.

Et il n'y a vraiment aucun intérêt public, au contraire, je viens de le montrer, il y a plutôt un intérêt public négatif à ce que la Confédération s'occupe de cette histoire. Je vous prie donc d'y renoncer. [PAGE 1072]