Lexipedia

Deiss Joseph · Bundesrat · 1999-12-08

Deiss Joseph · Bundesrat · Freiburg · 1999-12-08

Wortprotokoll

La présence de la Suisse, effectivement, est un souci majeur du Conseil fédéral, et tout particulièrement de mon département. Je n'ai cessé de l'affirmer depuis que je suis entré en fonction. J'ai donc été particulièrement heureux que la nouvelle dénomination ait été choisie bien avant que j'entre en fonction, et je me plais, bien sûr, à la défendre avec enthousiasme. Lorsqu'on dit "présence", on ne dit justement pas activisme de "public relations", naïf ou envahissant. Mais on ne dit pas non plus pusillanimité et esprit timoré. J'ai été quelque peu déçu, en commission, que l'on ait voulu enlever une terminologie du type positif, ou encore qui voudrait créer de la sympathie envers nous. Encore une fois, il ne s'agit pas de donner dans le naïf, du type "nous sommes les meilleurs, il n'y en a pas comme nous", mais il est du devoir du Gouvernement ou de "Présence Suisse" d'apporter un message qui soit positif, dans le sens d'une opposition à un message normatif; mais positif, c'est le factuel, plus un contexte dans lequel ce factuel a des chances d'être perçu, d'être reçu, et pourquoi pas, de susciter la sympathie.

J'aimerais ensuite dire que ce projet, dont le Conseil fédéral assume la pleine responsabilité, puisqu'il vous propose ce message, n'est pas le fruit de la cuisine du seul Conseil fédéral ou de la seule administration. On pourrait même dire que c'est un projet pleinement assumé ou désiré par le Parlement, puisqu'en 1997 déjà, une première sous-commission de la Commission de politique extérieure avait proposé un rapport pour promouvoir l'image de la Suisse, terminologie que d'aucuns reprochent aujourd'hui à notre projet. Ou encore, la préparation de ce projet a fait l'objet d'un rapport du groupe de travail "Koko-Reform" le 30 mars 1999, ou encore du rapport "Amélioration de l'image de la Suisse aux USA. Stratégie et concept", élaboré par le groupe qui s'est consacré surtout à la question des Etats-Unis.

Vraiment, le Conseil fédéral et le département qui a préparé ce projet ont eu pour souci de savoir dans le détail ce que pensent les spécialistes, ce que pensent les autres départements, ce que pense le Parlement.

Il s'agit maintenant de relayer ce qui est connu sous le terme de COCO, cette Commission de coordination qui fonctionne effectivement depuis 1976, non seulement en lui donnant plus de moyens ou en lui permettant d'avoir davantage de personnel, mais aussi, et j'insiste là-dessus, de faire son travail dans un esprit nouveau, plus ouvert, mais peut-être aussi, encore plus professionnel. En effet, la Suisse doit se faire entendre de façon claire et nette dans un monde où la compétition, au niveau des informations aussi, est toujours plus grande. Nous voulons une perception de notre pays qui soit équilibrée, mais qui soit honnête aussi par rapport à notre pays, et qui lui permette de transmettre les messages qu'il a envie de transmettre à son sujet.

Je vous invite donc à ne pas suivre la proposition de non-entrée en matière de la minorité Schlüer. Je réfute l'argumentation selon laquelle ce message et le concept seraient mal ou insuffisamment préparés. Je crois que l'argumentation de M. Schlüer passe à côté du problème. Lorsqu'il nous dit qu'il faut prouver, dass wir das beste Steuersystem, die besten Infrastrukturen usw. hätten, muss ich sagen: Es wird nicht darum gehen, immer und überall betonen zu können, wir seien die Besten. Wir wollen einfach, dass das, was wir machen, was unser Parlament, unser Volk und wieso nicht auch die Regierung wollen, dem entspricht, was wir für uns, für das Volk als das Beste empfinden.

Es geht auch nicht darum, Informationen zu beschaffen. Herr Schlüer sagt, es seien Pannen bei der Information über die Lage in den USA entstanden. Hier geht es aber nicht um [PAGE 2427] die Beschaffung von Informationen. Ich habe das Gefühl, dass wir diesen Fluss im Griff haben. Hier geht es um die umgekehrte Aufgabe, nämlich darum, Informationen über die Schweiz, über uns in die Ländern hinüberzubringen, in denen wir solches als notwendig erachten.

Auch die Argumentation, es seien Dinge darin, die nur schwer zu begründen wären, finde ich nicht sehr fair, wenn man dazu aus einer langen Liste, einem Programm, einen Einzelposten herausgreift. So kann man natürlich jeden Text kritisch und kleinlich darstellen.

Ich bitte Sie also, den Nichteintretensantrag der Minderheit Schlüer abzulehnen.

J'en viens aussi à la proposition Kofmel de renvoi au Conseil fédéral. M. Kofmel souhaiterait que l'on travaille avec "une gestion par mandat de prestations et enveloppe budgétaire". J'aimerais d'abord dire ici très clairement qu'il n'est pas du tout dans l'intention du Conseil fédéral, ni du chef du Département fédéral des affaires étrangères, de rompre avec la tradition qui est maintenant bien établie de collaboration étroite avec le Parlement. Cela se fait en priorité à travers la commission qui est instituée à cet effet, la Commission de politique extérieure. Et vous avez un excellent exemple avec ce projet lui-même, qui est né d'un postulat du Parlement, qui est né d'un rapport de la Commission de politique extérieure et qui s'est ensuite concrétisé par ce message. Dire que l'on n'a que le budget - et ce serait déjà pas mal - pour intervenir est donc, je crois, Monsieur Kofmel, exagéré et non conforme à la réalité.

J'ai suffisamment fréquenté les parlements, beaucoup plus longtemps que les exécutifs, pour être moi aussi conscient de l'importance de leur rôle. Mais j'ai aussi compris, dans de nombreux conseils d'administration auxquels j'ai participé, que ce n'était pas le rôle de ces enceintes-là de vouloir intervenir dans le détail de l'opérationnel. L'intervention de M. Schlüer sur un poste de 200 000 francs - ou de 100 000 francs - dans un programme, prouve dans quelle voie le Parlement s'engagerait s'il voulait, dans le détail, délibérer sur des plans d'action qui sont du domaine du Gouvernement.

On a aussi mis en évidence le problème de coordination qui semble exister entre les différentes instances qui, à la Confédération, s'occupent, d'une manière ou d'une autre, de relations publiques. Il est absolument nécessaire de reconnaître deux choses. D'une part, il y a des activités qui sont très diverses dans leur nature et qu'il ne convient pas de mélanger. Le mandat de Pro Helvetia n'a rien à voir avec celui de Suisse Tourisme sur le fond de sa mission. Pro Helvetia doit promouvoir la connaissance de l'activité culturelle qui se fait dans notre pays, à l'intérieur et à l'extérieur. Mais, d'autre part, Pro Helvetia ne peut pas accomplir son travail sans collaboration étroite avec le Département fédéral des affaires étrangères, en tout cas pour ce qui est de son activité à l'extérieur. Cette collaboration existe. Je peux vous dire par conséquent que cela sera un élément important que de garantir cette coordination, et je m'engage non seulement à le faire, mais à vous prouver que cela se faisait déjà jusqu'à présent. D'ailleurs, cette coordination se fera par le biais notamment de la commission. Si vous lisez l'article en question, vous verrez que cette commission comportera des membres de l'administration - on pense évidemment ici aux représentants des divers services qui, à la Confédération, s'occupent de relations publiques - mais aussi de membres qui viendront de l'extérieur.

Concernant la proposition Kofmel, il y a la question du mandat qu'il faudrait définir. Je vous demande comment, en l'état, vous voulez définir en détail ce mandat, dans un domaine où l'activité doit pouvoir se développer, acquérir de premières expériences sur la base des nouvelles données qu'on lui permettra d'obtenir. Cette démarche-là aurait pour seul effet de nous retarder inutilement.

Par conséquent, je vous prie d'entrer en matière sur ce projet et de donner à mon département la confiance nécessaire quant à la volonté et à l'aptitude d'assumer les tâches qui, à mon avis, doivent être celles du Gouvernement.

Tout humain est un peu sensible aux louanges. On m'a fait tout à l'heure des compliments. Je remercie M. Schlüer en particulier des félicitations qu'il m'a adressées, je lui demande maintenant en plus de me faire confiance.