Germanier Jean-René · Nationalrat · 2015-09-23
Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2015-09-23
Wortprotokoll
L'abandon du taux plancher entre le franc suisse et l'euro met à rude épreuve l'économie suisse et les emplois dans notre pays. Le Parti libéral-radical en est très conscient et a, dès le mois de janvier, proposé des mesures pour faire face à ce défi que doivent relever nos entreprises.
L'expérience de la précédente surévaluation de notre monnaie doit nous apporter quelques informations quant à l'attitude à adopter pour y faire face. Ce n'est en tout cas pas un système de subventions à l'arrosoir qui pourra remédier à cette situation; nous nous y opposons. La gestion de la dette publique est d'ailleurs au centre de nos préoccupations et constitue un point important de la conjoncture. Il faut plutôt que notre économie se renforce à long terme, c'est pourquoi le Parti libéral-radical soutient avec conviction une amélioration des conditions-cadres qui permettent à nos entreprises de se développer en vue d'un renforcement de notre place économique.
Le 26 février 2015 déjà, le Parti libéral-radical a organisé une journée de lutte contre la bureaucratie. Nous avons préconisé, avant tous, une analyse des coûts de la réglementation par un organe indépendant comme cela existe en Allemagne. Nous avons donc déposé au nom du groupe libéral-radical la motion 15.3445, "Réduction de la bureaucratie. Faire analyser les coûts de la réglementation par un organe indépendant". Nous soutiendrons également la motion Vogler 15.3400, "Eviter la bureaucratie inutile grâce à l'analyse efficace des besoins et à l'évaluation des conséquences de la réglementation", qui va dans le même sens. Nous devons inciter notre administration à mettre en oeuvre un véritable travail de réduction de la bureaucratie. Il existe beaucoup trop de tracasseries inutiles et coûteuses auxquelles sont soumises nos entreprises. Les contraintes administratives sont en constante augmentation. Il faut une action volontaire, politique, à tous les niveaux - Confédération, cantons et communes - pour inverser cette tendance.
Il convient d'unifier les normes de construction, de simplifier les relevés dans le domaine des assurances sociales et de développer la cyberadministration. Au niveau de la bureaucratie douanière, nous devons agir pour supprimer les entraves techniques au commerce, lutter contre l'îlot de cherté et simplifier les procédures douanières.
Le groupe libéral-radical et la Commission de l'économie et des redevances ont déposé plusieurs interventions qui vont dans ce sens. Les taxes auxquelles sont soumises les entreprises doivent être allégées et la troisième réforme de l'imposition des entreprises doit être mise en oeuvre dans le délai le plus court possible. En outre, le Parti libéral-radical s'oppose fermement à tout nouvel impôt. Un moratoire de cinq ans contre de nouveaux impôts serait pour lui un minimum à appliquer.
Au-delà du défi du franc fort, notre économie devra faire face à d'autres périls menaçant sa prospérité. La politique qui pousse à l'isolement de notre pays est un vrai danger pour nos emplois et notre économie. Nous devons maintenir nos accords bilatéraux; ce sont des acquis. La politique qui nous pousse à la rupture et à la renégociation avec l'Union européenne doit être combattue fermement. Cette politique, dans le contexte du franc fort, est irresponsable: non seulement on veut mettre à mal nos relations commerciales avec l'extérieur mais, en plus, on défend de nombreuses propositions qui visent à cloisonner notre marché.
La Suisse a besoin pour sa prospérité et ses emplois d'une économie libérale et non pas d'un marché cartellisé, voire de monopole, qui maintienne notre îlot de cherté au centre de l'Europe. Le groupe libéral-radical soutient le Conseil fédéral pour qu'il développe de nouveaux accords de libre-échange nécessaires à l'accès au marché de nos entreprises.
Il ne faut pas mettre de nouveaux bâtons dans les roues de l'économie. En comparaison internationale, les entreprises suisses sont exemplaires en termes d'impact sur l'environnement. Pas davantage de "Swiss finish" donc! Nous nous opposons aux projets néfastes à notre compétitivité.
Nous avons dit non à des augmentations du prix de l'énergie; nous avons dit non à l'initiative "pour une économie verte".
Un secteur d'économie d'exportation est vraiment touché, celui du tourisme. Une attention particulière doit être portée à ce secteur, qui n'est pas délocalisable et qui permet une activité importante, décentralisée, sur notre territoire. Ce secteur est composé de PME, qui devraient pouvoir bénéficier d'allègements bureaucratiques et fiscaux. Un encouragement au développement de l'infrastructure est nécessaire.
Le PLR respecte les institutions et reconnaît l'indépendance de la Banque nationale suisse. L'engagement de notre banque centrale durant plusieurs années a été bénéfique. Il faut qu'elle puisse rester libre de ses mouvements et, surtout, qu'elle maintienne un bilan qui lui permette d'agir raisonnablement, dans l'intérêt du pays, conformément à son mandat constitutionnel. [PAGE 1757]
Notre économie s'est diversifiée et s'est ainsi renforcée ces dernières années. Elle est capable de s'orienter vers le marché et de s'adapter aux changements. Pour un pays pauvre en matières premières, c'est quelque chose de réjouissant et de déterminant. Pour cela nous devons particulièrement soutenir la formation, l'innovation et la recherche, qui sont les moteurs de notre succès économique.
Je conclurai en disant que notre modèle de réussite est lié à une économie libérale équilibrée, à une certaine liberté entrepreneuriale. Le PLR veut s'engager pour que ces conditions de succès soient maintenues. Nous nous engageons pour des lois sur le travail qui permettent de la flexibilité, pour que l'Etat joue son rôle mais ne soit pas un acteur du marché. Nous nous opposons aux propositions qui veulent plus de régulation et nous conduisent à une situation de concurrence impossible.