Tornare Manuel · Nationalrat · 2013-09-23
Tornare Manuel · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-09-23
Wortprotokoll
Lors de sa dernière séance au mois d'août dernier, la Commission de politique extérieure s'est penchée sur le rapport de la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Nous n'avons pas le temps de nous pencher sur tout ce qu'il y a dans ce rapport, mais que pouvons-nous retenir d'essentiel, notamment en fonction aussi de l'actualité?
On peut retenir que lors de leur réunion, à Lomé en mars 2012, les membres de la Commission politique de l'APF ont appelé à une condamnation internationale du régime syrien. Ils ont aussi encouragé les efforts diplomatiques en vue d'une fin de la répression dans ce pays. Lors de l'Assemblée régionale Europe, à Montreux en novembre 2012, la conseillère aux Etats Seydoux-Christe a évoqué dans son rapport d'activité la préoccupation de la délégation concernant l'efficacité du suivi et de la mise en oeuvre des nombreuses résolutions de l'APF. C'est un peu un mal endémique, non seulement dans cette organisation mais aussi dans d'autres, si vous me permettez d'émettre un jugement personnel. Si les rapports figurent sur le site Internet et dans les rapports annuels de l'organisation, on a l'impression qu'il n'existe pas toujours une volonté politique suffisante pour mettre en oeuvre les recommandations qu'ils contiennent. Par conséquent, il faut s'interroger sur la façon d'être plus efficaces et, Madame Seydoux-Christe l'a dit, pour réellement promouvoir et faire progresser la démocratie, l'Etat de droit, les droits humains dans l'espace francophone. Ce sont deux axes à mon avis importants de ce rapport de l'APF qui a été transmis à la commission.
En ce qui concerne maintenant les discussions au sein de la commission, celle-ci a souligné l'importance d'un certain nombre de thèmes que l'organisation a abordés pendant cette période. Ainsi l'APF, aussi grâce à Monsieur Derder et à d'autres, continue à mener des réflexions très importantes sur le rôle des médias dans la démocratisation. Dans ce contexte, la commission a aussi rappelé le sauvetage de la chaîne TV5, permis par l'action conjointe du Conseil fédéral et de l'APF. Vous savez que cette chaîne était malheureusement très menacée, à un moment donné. En outre, comme l'a illustré la sixième Conférence francophone sur le sida à Genève, l'organisation participe activement à la lutte contre cette maladie en essayant de regrouper les forces et de trouver des moyens pécuniaires.
Un aspect particulièrement intéressant de l'APF est sa capacité à contribuer à la consolidation de la démocratie dans le monde. En effet, pour certains pays comme la Géorgie, qui est membre observateur, l'organisation représente une sorte de "boîte à outils" pour le renforcement de certaines pratiques démocratiques. A cet égard, il convient de mentionner que l'APF est sur le point de finaliser un recueil de procédures parlementaires à destination de ce pays et des organes dirigeants ou de l'opposition. Celui-ci sera mis à la disposition de l'ensemble des pays associés à l'organisation. De plus, plusieurs pays dont la participation à l'organisation a été suspendue en raison de leur situation politique, tels que la République centrafricaine, se trouvent désormais sur le chemin de la réintégration.
Afin de réduire les coûts, l'APF continue de renforcer ses liens avec l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont le siège, vous le savez, est aussi à Paris. Selon [PAGE 1567] le conseiller fédéral Didier Burkhalter, le travail que les fonctionnaires suisses entreprennent dans ce sens va dans la bonne direction.
En revanche, le Sommet de la Francophonie, en octobre 2012 à Kinshasa, un sommet des chefs d'Etats et de toutes les associations et organisations qui s'occupent de la Francophonie, doit être considéré comme un échec, il faut bien le dire. Cela s'explique notamment par la mauvaise organisation de l'événement, ainsi que par des problèmes de démocratie qui caractérisent le pays hôte, l'ancien Zaïre, un pays qui ne respecte pas l'opposition.
Un membre de la commission a mis en doute la nécessité pour l'APF de s'occuper des dossiers qui ne sont pas strictement liés au sujet de la Francophonie tels que le sida ou la situation de la femme. A cette objection, un autre commissaire a répondu que toutes les activités éducatives et autres de l'organisation reposent sur un vecteur essentiel: la langue française. Et c'est aussi dans les pays qui ont été colonisés, il faut bien le dire, par la France ou la Belgique - en Afrique -, donc des pays qui ont le français comme langue véhiculaire, qu'on trouve malheureusement le plus de cas de sida. Même dans des pays linguistiquement diversifiés comme la République démocratique du Congo, la langue française constitue le moyen de communication commun.
La Commission de politique extérieure a donc pris acte du rapport et remercie la délégation pour son travail.