Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2015-09-23
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-09-23
Wortprotokoll
Les Verts ont souhaité ce débat d'actualité, alors que malgré la canicule que nous venons de traverser, malgré cet été caniculaire qui pourrait devenir prochainement la norme dans notre pays, le Conseil fédéral persiste à ne pas prendre au sérieux la menace climatique et refuse de prendre les mesures qui s'imposent, à la veille du rendez-vous décisif de Paris.
Le Conseil fédéral refuse tout d'abord de suivre les recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat concernant nos objectifs de réduction des émissions de CO2, que ce soit pour 2020 ou pour 2030. Ce faisant, il refuse que la Suisse fasse sa part pour répondre aux engagements internationaux visant à maintenir le réchauffement climatique en dessous de deux degrés. Ce comportement est d'autant plus inexplicable que le Conseil fédéral aurait les mains libres pour augmenter nos objectifs pour 2020, puisque la loi lui en laisse tout le loisir. Il préfère cependant se cacher derrière l'inaction des autres, dans une logique suiviste, indigne d'un pays qui se veut à la pointe de l'innovation.
Pour ce qui concerne l'application de ces objectifs, le Conseil fédéral s'est jusqu'ici refusé à prendre des mesures efficaces pour réduire les émissions de CO2 liées à notre mobilité, qui constituent notre principal problème, prenant même des décisions allant à contresens, comme le doublement du tunnel du Gothard, sur lequel nous voterons en 2016.
La Suisse a, par ailleurs, en tant que place financière majeure à l'échelle mondiale, une responsabilité particulière en matière d'investissement carbone. Dans sa réponse à notre interpellation, le Conseil fédéral dit certes préparer un rapport et suivre les évolutions du dossier. Cependant, d'autres pays agissent, notamment la France, qui n'est pourtant pas connue comme un pays précurseur en matière environnementale. Les Verts demandent que l'industrie de la finance, et en particulier les investisseurs publics, informent ceux qui leur confient leur argent de l'impact carbone de leur engagement. En effet à quoi bon agir dans son quotidien pour le climat, si l'argent que nous plaçons va à notre insu aux énergies fossiles?
Le Conseil fédéral n'est pas plus courageux en matière de prise en compte de notre empreinte carbone à l'étranger, qui est importante pour un pays massivement importateur comme le nôtre. Les mesures prises à l'étranger dans le cadre du commerce de certificats d'émission ne peuvent en aucun cas être considérées comme une contribution à la réduction de ces émissions grises, comme le laisse entendre le Conseil fédéral dans sa réponse à notre interpellation, puisqu'elles ne font que compenser notre inaction dans nos frontières.
Le fait que le Conseil fédéral envisage de financer notre contribution au Fonds international pour le climat, au détriment de notre politique d'aide au développement, est un point supplémentaire négatif. Les Verts estiment que la politique climatique doit être financée selon le principe de causalité. Ce sont ceux qui sont à l'origine des problèmes qui doivent y remédier, et non ceux qui en sont les principales victimes. Nous demandons dès lors au Conseil fédéral de prendre des mesures pour que la Suisse considère également les émissions liées à ses importations et contribue de manière équitable au Fonds international pour le climat, sans réduire ses engagements en matière d'aide au développement dans les pays concernés.
Les Verts demandent au Conseil fédéral de prendre enfin au sérieux les enjeux climatiques, qui constituent l'un des défis majeurs de ce siècle. Nous devons nous fixer des objectifs plus ambitieux et nous donner les moyens de les atteindre en assumant nos responsabilités, en Suisse comme à l'étranger. Les citoyens ont des attentes à notre égard. Aux Pays-Bas, un groupe de particuliers a attaqué avec succès les autorités pour exiger d'elles un engagement plus sérieux. Les Verts et leurs alliés préparent dans plusieurs pays des démarches similaires. Nous le faisons également en Suisse et étudions actuellement la forme que pourrait prendre le dépôt d'une telle plainte dans notre pays. Nous nous engageons ainsi par tous les moyens en faveur de la préservation du climat, car c'est notre avenir qui est en jeu, ainsi que celui de nos enfants.