Nordmann Roger · Nationalrat · 2015-09-23
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-09-23
Wortprotokoll
Il y a beaucoup de bonnes choses dans la politique énergétique suisse. Les grandes lignes de [PAGE 1791] la Stratégie énergétique 2050, débattue actuellement au Conseil des Etats, notamment l'interdiction de nouvelles centrales nucléaires, les objectifs climatiques 2020 que nous avons acceptés, les efforts pour les énergies renouvelables ainsi que les efforts pour l'efficacité, bien qu'insuffisantes, suivent la bonne voie. Il y a par contre, Madame la conseillère fédérale, des choses qui ne vont pas.
Je remercie le Conseil fédéral d'avoir répondu à notre interpellation. Nous sommes satisfaits de la réponse à la deuxième question. Nous vous remercions d'avoir confirmé le fait que le courant vendu hors du système d'encouragement basé sur la rétribution à prix coûtant doit être repris à un tarif correct par les réseaux et d'avoir cité l'importance de la fameuse aide à l'exécution.
S'agissant de la troisième question sur le renforcement des efforts de protection du climat, la réponse n'est pas satisfaisante, mais nous aurons l'occasion d'en discuter plus tard, en détail, après la Conférence de Paris sur le climat, lorsque le Conseil fédéral présentera son message de consultation.
Le Parlement a pris une bonne décision, en refusant de prendre la direction d'une compensation massive à l'étranger des émissions de CO2. Il est dans notre intérêt de réduire en Suisse notre dépendance aux énergies fossiles pour d'évidentes raisons économiques, mais aussi pour montrer aux pays émergents qu'il est dans leur intérêt de réduire leurs propres émissions de CO2.
Enfin, s'agissant de la dernière question, celle relative à la sécurité de la centrale nucléaire de Beznau, j'estime, Madame la conseillère fédérale, que le Conseil fédéral ne prend pas ses responsabilités et se cache derrière des arguties juridiques. Par exemple, il est dit que "le DETEC ne dispose actuellement d'aucun élément établissant que la centrale nucléaire de Beznau ne répond plus aux conditions d'octroi de l'autorisation". Or nous savons tous que la centrale de Beznau est un danger public! Les examens ont mis en évidence de sérieux doutes sur la solidité de l'acier de la cuve du réacteur I, nécessitant un examen de la cuve du réacteur II.
Certains documents sur la fabrication de l'acier de la cuve du réacteur de Beznau I manquent, ce qui ne permet pas de comprendre complètement les problèmes. Le respect des normes en cas de tremblement de terre n'est pas garanti. L'absence de "containment" épais en béton armé à Beznau - à Gösgen et à Leibstadt, c'est ce que vous voyez sous forme de coupole - rendrait la moindre défaillance de la cuve du réacteur dramatique. Le système d'enclenchement des générateurs de secours pose problème et n'est pas certifié. Enfin, l'âge avancé des deux réacteurs de Beznau constitue un facteur aggravant pour tous les risques énoncés ci-dessus.
Cette centrale est la plus vieille du monde. Elle est complètement dépassée. En cas de doutes, la sécurité doit l'emporter, d'autant plus que la centrale de Beznau est située au coeur d'une région extrêmement peuplée avec plus d'un million d'habitants dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Vu l'excédent d'électricité sur le marché suisse et européen, la Suisse n'a absolument pas besoin de Beznau pour assurer son approvisionnement électrique.
Madame la conseillère fédérale, nous vous demandons de retirer l'autorisation d'exploiter cette centrale nucléaire. C'est de la compétence de votre département en vertu des articles 19 et 67 de la loi sur l'énergie nucléaire. Au même titre que vous roulez dans une Tesla, Madame la conseillère fédérale, et pas dans une Trabant de 1969. C'est une question de sécurité publique. De plus, cette centrale est hautement déficitaire, ainsi, la fermer préservera les finances des cantons actionnaires d'Axpo.