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Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2015-09-23

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2015-09-23

Wortprotokoll

Voilà une initiative populaire qui se veut sociale, même si elle veut changer le modèle économique, mais qui pourrait, si elle était acceptée, mettre à mal une certaine cohésion sociale.

Si tout travail mérite salaire, à l'inverse tout salaire mérite travail. Il est utopique de penser que le revenu de base inconditionnel permettra à toutes les personnes de participer à la vie sociale en étant libérées de l'exercice d'une activité lucrative. Au contraire: ce revenu, qui, sans effort particulier, tombe du ciel chaque mois va être un encouragement à l'oisiveté et sera par là un grand handicap pour la croissance économique future de notre pays. La croissance se trouverait donc freinée et, de ce fait, certaines activités de production et de service seraient probablement délocalisées, ou alors il deviendrait moins intéressant pour des entreprises de venir s'établir en Suisse. Une faible croissance compliquerait encore le financement de cette proposition.

Concernant le financement, les initiants intègrent des économies dans les paiements directs versés à l'agriculture. Ils proposent de substituer ce revenu de base à ces paiements directs, alors que ces paiements sont directement liés à des prestations concrètes offertes par l'agriculture selon une certaine multifonctionnalité de son activité. Procéder ainsi, c'est profondément méconnaître le fonctionnement de l'agriculture, avec ses investissements et ses fonctions diverses de production et d'entretien du paysage.

Notre système économique et social jouit actuellement d'un large soutien politique. Le financement du revenu de base inconditionnel exigerait d'imposer davantage les revenus et surtout de taxer davantage les biens et les services. [PAGE 1780]

Un relèvement de la TVA renchérirait les prix à la consommation et diminuerait ainsi le pouvoir d'achat de tous.

Enfin, un revenu de base inconditionnel de 2500 francs par mois exercerait un fort pouvoir d'attraction sur les populations de nombreux pays étrangers, en particulier sur les travailleurs dont les salaires sont bas. Cette initiative est dangereuse pour notre activité économique, notre système social ainsi que pour nos finances en général.

Pour conserver l'adage qui dit que "tout travail mérite salaire" et à plus forte raison que "tout salaire mérite un travail", je vous demande de suivre la majorité de la commission et de recommander au peuple et aux cantons de rejeter cette initiative.