Rossini Stéphane · Nationalrat · 2015-09-25
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-09-25
Wortprotokoll
Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers nationaux, nous voici au terme de cette 49e législature. Certes, quelques séances de commission ponctueront encore, pour nous tous, les deux mois à venir, mais notre conseil tient aujourd'hui sa dernière séance plénière dans cette composition.
Dans trois semaines, les élections fédérales auront désigné celles et ceux qui composeront les Chambres fédérales à partir du 30 novembre et pour la 50e législature. La marche du temps et celle de nos institutions se poursuivent donc, inexorablement.
26 membres de notre conseil ne se représenteront pas aux prochaines élections. Ce dernier jour de session est donc particulier. Il est le moment de prendre congé et de rendre hommage.
Maria Bernasconi a siégé au Conseil national de 1995 à 1999, et depuis 2003. Nous retiendrons son engagement sans faille pour la cause féminine, tant dans le débat politique que dans le fonctionnement de nos institutions. Avec elle, aucun conseiller fédéral n'aura pu oublier que l'égalité passe d'abord par les actes! Maria Bernasconi a par ailleurs présidé la Commission de gestion lorsqu'a éclaté la crise financière. Elle s'est ainsi engagée avec conviction pour une meilleure gestion politique des crises par le Conseil fédéral. Une autre noble cause, de toute évidence. (Applaudissements)
Max Binder siège au Parlement depuis 1991. Engagé en faveur de la politique agricole ou de nos forêts, il fut aussi président de la Commission des transports et des télécommunications et membre de la Délégation de surveillance de la NLFA, qu'il a présidée par trois fois. Si c'est comme membre de la Commission de gestion qu'il laissera une trace dans la surveillance de nos institutions, on se souviendra encore de Max Binder comme président du Conseil national. Il a en effet présidé aux destinées de notre conseil durant l'année 2003/04. (Applaudissements) [PAGE 1906]
Toni Bortoluzzi quitte le Conseil après 24 ans passés parmi nous. Membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, qu'il a présidée, il a vécu les grandes révisions de la LAMal, de l'AVS, de la LPP, de l'AI ou des allocations familiales. Il a par ailleurs présidé la défunte Commission des constructions publiques. Avec son sens de la confrontation, il a toujours opté pour des postures claires, sans pour autant quitter son caractère jovial, gardant les pieds dans la réalité de son activité professionnelle qu'il prenait toujours comme illustration concrète, confirmant la réalité du Parlement de milice. (Applaudissements)
André Bugnon restera dans l'histoire du Parlement pour avoir signifié, comme président du Conseil national, la quatrième non-réélection d'un conseiller fédéral. Derrière ce moment phare se cachent seize années de travail engagé, notamment au sein de la Délégation pour les relations avec le Parlement français ou auprès de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, qu'il a toutes deux présidées. Son expérience professionnelle aura aussi influencé bon nombre de ses interventions, cette session encore. Et puis, beaucoup ne le savent peut-être pas, les deux drapeaux suisses qui ornent cette salle sont une trace de sa présidence. (Applaudissements)
Christophe Darbellay est justement connu pour avoir contribué au résultat de l'élection qui a fait entrer le président Bugnon dans l'histoire parlementaire. Ce président du Parti démocrate-chrétien a également présidé la Commission de l'économie et des redevances en 2012 et 2013. Siégeant à la Délégation pour les relations avec le Parlement français, qu'il a présidée, le farouche défenseur de la viticulture qu'il est a imposé au Conseil fédéral la décision selon laquelle seuls des vins suisses doivent être servis dans nos ambassades - ce que nous avons d'ailleurs pu vérifier et apprécier. Il pourra désormais se consacrer à sa passion de la chasse sans les contraintes de la session de septembre. (Applaudissements)
Jacqueline Fehr aura marqué le Parlement par ses aptitudes à convaincre ses collègues, à fonctionner en équipe et à bâtir des ponts empreints de pragmatisme. Il en est ainsi de son travail au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique où elle a surtout exprimé ses talents. La politique familiale et plus particulièrement le congé maternité et le programme d'impulsion en faveur des places d'accueil extrafamilial seront les traces tangibles de ses combats et de sa persévérance. Quant à son sens de l'anticipation, il l'a conduite désormais au gouvernement du canton de Zurich. (Applaudissements)
Oskar Freysinger, l'homme au double mandat pas forcément souhaité, mais politiquement nécessaire, comme il aime à le dire et à le répéter, se consacrera désormais au seul gouvernement valaisan. On l'aura vu souvent à la tribune pour débattre des objets de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture, mais encore pour défendre phoques et requins, voire même soutenir l'initiative populaire des Jeunes socialistes la semaine dernière. Parmi ses exploits oratoires, nous nous souviendrons de sa façon bien à lui de titiller la muse, notamment lors de la journée de la femme, en 2007. (Applaudissements)
Jean-Pierre Graber s'en va après un retour éclair, puisque cette législature ne nous a permis de travailler à ses côtés qu'en cette année 2015. La Commission de gestion se souviendra cependant avec plaisir de la capacité de cet élu du Jura bernois à empoigner les dossiers à bras-le-corps. Et puis, ses élans oratoires, parfois professoraux, cette session encore, resteront une de ses marques de fabrique. (Applaudissements)
Andreas Gross, politicien, mais n'abandonnant jamais sa posture de politologue, quitte le Parlement après 24 années d'engagement. Fondateur du Groupe pour une Suisse sans armée, il a contribué au débat sur les réformes de l'armée dans les années 1990. Son engagement en faveur de la paix et de la démocratie aura marqué de son empreinte ses années passées au Conseil de l'Europe, où il siège depuis 1995 et dont il a été président de la délégation suisse. C'est à ce titre qu'il a surveillé les élections de nombreux pays et transmis nos expériences et bonnes pratiques démocratiques. Il a dans notre conseil présidé notamment la Commission des institutions politiques. (Applaudissements)
Hansjörg Hassler est membre du Conseil national depuis 1999. Ce paysan de montagne des Alpes grisonnes a su défendre avec calme mais conviction les positions du Parti bourgeois-démocratique, dont il a été le chef de groupe de 2011 à mars 2015. Son sérieux et son engagement au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique et de la Commission de l'économie et des redevances, mais encore au sein de la Commission des grâces et de la Commission de réhabilitation ont toujours été appréciés. Il a été sous la coupole fédérale un fidèle représentant et défenseur du monde alpin. (Applaudissements)
Gabi Huber a été, en 2003, la première femme élue pour représenter le canton d'Uri au Conseil national. Cheffe de groupe depuis 2008, elle s'est avérée d'une redoutable efficacité, derrière une discrétion certaine. Elle a d'ailleurs été classée récemment la personne la plus influente du Parlement. La Commission des affaires juridiques, qu'elle a présidée, a largement bénéficié de ses compétences juridiques, tout comme le Bureau a pu profiter de sa rigueur, de son entregent et de son doigté pour structurer les débats de notre conseil. Une présence que le président que je suis qualifiera de précieuse. (Applaudissements)
Rudolf Joder, bien que né à Zimmerwald, siège bel et bien au Parlement depuis 1999 sous les couleurs de l'Union démocratique du Centre! C'est au sein de la Commission des institutions politiques et de la Commission de gestion, qu'il préside actuellement, qu'il aura été le plus actif. Rigoureux, il a défendu avec engagement une meilleure surveillance des organes fédéraux et soutenu le renforcement des compétences et ressources du Parlement pour y parvenir. On lui doit aussi ces dernières années des propositions pertinentes dans le domaine de la santé, en faveur du statut des infirmières et du soutien aux proches aidants, un débat qui durera encore. (Applaudissements)
Francine John-Calame siège au Conseil national depuis 2005. Médiatrice familiale, elle a logiquement mis son talent au service de l'engagement social. On pensera plus particulièrement à la défense des petites gens de ce pays, puisqu'on l'a vue très active pour soutenir les chômeurs, notamment lors des différentes révisions de la loi sur l'assurance-chômage. Elle s'est également investie dans le domaine international en siégeant au sein de la Commission de politique extérieure, en participant aux Délégations pour les relations avec le Parlement français, auprès de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie ou auprès du Conseil de l'Europe. (Applaudissements)
Hans Killer est parmi nous depuis 2007. Membre et actuel président à la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie, il s'est investi et engagé également en matière de politique des transports et des télécommunications. Le maître maçon argovien rappelle la pluralité de ce Parlement et la richesse du mélange des formations et des expériences professionnelles. Il est la preuve même de la réalité d'un Parlement qu'on ne peut considérer comme une élite hors sol. (Applaudissements)
Ueli Leuenberger est un Romand atypique. Genevois germanophone, il a toujours refusé de faire des frontières un obstacle infranchissable. On l'a donc vu défendre avec conviction les migrants et autres déplacés de l'histoire. Il fut dans notre conseil le défenseur des sans-défense, notamment comme membre et président de la Commission des institutions politiques. Ancien président des Verts, il accorde une attention particulière à nos institutions. C'est ainsi, sans surprise, qu'on le retrouvera actif au sein de la Commission de gestion et de la prestigieuse Délégation des Commissions de gestion. (Applaudissements)
Ruedi Lustenberger, qui a présidé aux destinées de notre conseil l'année dernière, prend lui aussi sa retraite. De l'Entlebuch, il aura emmené à Berne un naturel paisible et serein, mais encore quelques valeurs conservatrices lucernoises et un fort respect des institutions de ce pays. On retiendra de son activité la présidence de la Commission de gestion et [PAGE 1907] celle de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie. Désormais, à l'instar du président de son parti, le temps est venu pour lui de faire de belles parties de chasse en Entlebuch. Enfin plus personnellement, il fut pour moi un véritable maître d'apprentissage, fort apprécié. (Applaudissements)
Lucrezia Meier-Schatz fut dans notre conseil le reflet de la multiculturalité helvétique. Native du Locle, menant sa carrière politique à Saint-Gall, la directrice de Pro Familia aura rapidement forgé sa place au sein de la Commission de l'économie et des redevances et de la Commission de gestion. Nous nous souviendrons de ses engagements dans les différents domaines de la politique sociale, plus particulièrement familiale. Ses dernières propositions en faveur des proches aidants portent ainsi sur le devant de la scène des préoccupations qui occuperont plusieurs années encore les Chambres fédérales. (Applaudissements)
Christian Miesch aura eu la particularité d'effectuer trois passages au Conseil national. Il y a en effet siégé de 1991 à 1995, puis de 2003 à 2011, et pour cette législature, depuis septembre 2014. Sa bonhomie et sa sérénité ont été appréciées par ses collègues. Autre particularité, il est certainement l'un des derniers fumeurs convaincus à arpenter nos couloirs, passant de ceux qui mènent des séances de la Commission des finances, au sein de laquelle il s'active, au balcon de la salle des pas perdus. Si le Conseil national perd un député, j'ai appris cette semaine que la Suisse gagnera avec lui un vigneron - foi de Valaisan! (Applaudissements)
Pierre-André Monnard aura effectué un bref passage dans notre Conseil. Il y siège depuis décembre 2014 succédant à Laurent Favre. Il aura contribué à assurer la représentation du canton de Neuchâtel au cours d'une législature où la députation libérale-radicale élue en 2011 aura privilégié le retour aux terres gouvernementales cantonales. La Commission de l'énergie, de l'aménagement du territoire et de l'environnement a ainsi profité de sa longue expérience politique. (Applaudissements)
Geri Müller s'en va au terme de sa troisième législature. Homme de conviction et engagé pour les nobles causes et les valeurs de solidarité, il a entre autres été membre de la Commission de politique extérieure, qu'il a présidée en 2008 et 2009. Fort de ses convictions, il n'a jamais craint les positions tranchées, ni les prises de risques. Il l'a prouvé par exemple en défendant la libéralisation du cannabis, en combattant avec acharnement le nucléaire ou en s'engageant en faveur de la cause palestinienne. (Applaudissements)
Sylvie Perrinjaquet est de retour dans notre conseil depuis 2013, après y avoir déjà siégé de 2007 à 2011. C'est d'abord comme membre de la Commission de la politique de sécurité qu'on l'a vue à la tribune au cours de cette législature, notamment au travers de diverses interventions parlementaires. Elle s'est ainsi préoccupée du fonctionnement de notre armée et de son développement. L'ancienne conseillère d'Etat aura par ailleurs porté par ses interventions la problématique de l'égalité et de la place des femmes en politique et, plus généralement, dans notre société. (Applaudissements)
Pierre-François Veillon aura marqué celles et ceux qui ont collaboré avec lui par sa profonde connaissance des dossiers, son sens de la curiosité et son respect des institutions. Président de la Délégation auprès de l'Union interparlementaire, de la Délégation des Commissions de gestion, de la Commission de gestion, il a encore présidé le groupe de travail "Surveillance des marchés financiers" lors de l'enquête sur la gestion de la crise financière. Ce vaudois alpin - ce qui est rare - quitte donc le conseil après douze ans, quelques mois seulement après avoir atteint l'âge de l'AVS. Bon timing! (Applaudissements)
Daniel Vischer siège depuis 2003 au Conseil national. Il aura été deux fois président de la Commission des affaires juridiques. La Commission des finances et la Commission judiciaire ont également pu apprécier les talents et l'engagement de l'avocat zurichois. Politicien pointu et perspicace, à la mine toujours préoccupée, arpentant les travées sans relâche, son retrait laissera un vide dans nos débats et à la tribune, tant ses propositions et interventions furent nombreuses, notamment dans les domaines institutionnels et ceux relevant des droits fondamentaux et de la transparence. (Applaudissements)
Eric Voruz, qui siège au Conseil national depuis 2007, nous quitte également après deux législatures. Le syndicaliste ou le syndic de Morges aura oeuvré pour notre conseil au sein de la Commission de la politique de sécurité ou encore comme suppléant au Bureau. Il s'est investi dans cette tâche avec entregent, fort de ses convictions et de ses valeurs d'homme de gauche. Au Parlement, il sera surtout resté proche des gens. Mais il a aussi été, à quelque part, le grand-père de la jeune délégation socialiste du canton de Vaud! Nous lui souhaitons une excellente retraite, désormais active et entière. (Applaudissements)
La valeur n'attend point le nombre des années, serait-on tenté de dire à propos d'Andrea Caroni. Rapide, novateur, audacieux, il n'hésite pas à prendre des risques sur des dossiers sensibles comme ce fut le cas pour l'initiative "Marche blanche". Il aime aussi les questions institutionnelles: c'est à lui que nous devons la nouvelle procédure d'élection du président de la Confédération, inaugurée en décembre dernier. Après l'agitation du Conseil national, le voilà qui aspire à la sérénité du Conseil des Etats. Serait-ce un effet de l'âge ou parce qu'il deviendra à nouveau papa? En tous les cas, nous lui disons au revoir aujourd'hui, et certainement à bientôt au Palais fédéral. (Applaudissements).
Mesdames et Messieurs, après ces hommages mérités, je vous invite à poursuivre notre ordre du jour ... (Des voix réparties dans l'hémicycle s'élèvent soudain)
[VS]
[VS]