Maire Jacques-André · Nationalrat · 2015-12-01
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-12-01
Wortprotokoll
Comme cela a été rappelé plusieurs fois ce matin, l'initiative se focalise sur la racine des problèmes environnementaux. Nous sommes donc appelés, dans ce débat, à regarder loin, à imaginer un développement réellement durable. C'est dans ce sens que s'inscrit le but de l'initiative, à savoir une transformation de notre économie vers ce qu'on appelle une économie circulaire appelée à favoriser le recyclage des matériaux et en particulier des matériaux de valeur.
Nous l'avons dit aussi, le but de l'initiative est de nous ramener à une consommation de ressources correspondant à la production annuelle des ressources de notre planète. Or, cela a déjà été dit également, la consommation moyenne d'un habitant suisse est trois fois supérieure aux ressources par habitant produites par la planète. Nous allons droit dans le mur - je crois qu'il faut être clair - et c'est pour cette raison que nous devons réagir aujourd'hui. Si l'ensemble de la population mondiale avait les mêmes standards de consommation que nous, nous n'irions pas loin.
Ce qu'on peut encore dire, c'est que nous vivons aujourd'hui aux frais d'autres pays et d'autres générations. En consommant toutes ces ressources, nous privons d'autres personnes de ces dernières et, dans ce sens, nous portons une lourde responsabilité, en particulier vis-à-vis des générations futures.
Dans l'économie circulaire que l'initiative veut favoriser, les matières premières sont recyclées, transformées. Par ailleurs, il faut également éviter la production de déchets inutilisables ou nuisibles. Encore une fois, cela s'inscrit dans notre intérêt, puisque les produits chimiques toxiques contenus dans ces déchets peuvent porter atteinte non seulement à notre santé, mais aussi à celle de nos enfants.
L'économie circulaire, c'est aussi une façon de rendre la Suisse moins dépendante de l'étranger. En termes de ressources, le pays est aujourd'hui extrêmement dépendant de l'étranger. Il existe là un véritable défi pour notre économie. En effet, la Suisse, pays de la connaissance et de l'innovation, régulièrement en tête des classements internationaux dans ces domaines, est très bien positionnée pour devenir un leader dans le domaine des "cleantech".
Aussi, réduire l'empreinte écologique du pays ne peut que stimuler la place économique helvétique. Dans ce sens, nous sommes un peu surpris de voir les milieux de l'économie traditionnelle faire preuve de tant de résistance alors que, au sein même de l'économie, de multiples exemples montrent qu'en se positionnant sur ce marché, la Suisse peut accroître durablement - et non à court terme, encore une fois - sa compétitivité.
Elle peut être un moteur de l'innovation: de nombreux emplois peuvent être créés dans notre pays dans cette logique. Le Masterplan Cleantech, qui a été présenté ici, va dans le bon sens. Dans le cadre de la mise en oeuvre de ce dernier ainsi que de la Stratégie énergétique 2050, le Parlement a dégagé des moyens supplémentaires pour la recherche dans ces domaines. Par conséquent, nous sommes là en présence d'atouts qu'il faut absolument utiliser de la meilleure des façons, sachant que la compétition au niveau international fait rage, que de grands pays ont déjà pris ce virage au niveau de l'économie. Donc il faut favoriser la recherche et l'innovation.
Il y a encore un domaine où nous pouvons faire mieux en matière de formation: c'est au niveau des formations professionnelles. Il faut que les professionnels, en particulier du bâtiment, soient formés de façon optimale pour pouvoir mettre en oeuvre ces nouvelles technologies.
Dans ce sens, nous devons encore favoriser le développement de formations spécifiques au niveau de la formation professionnelle supérieure, et bien entendu avoir là toute la chaîne de compétences pour pouvoir relever les défis de cette initiative. Encore une fois, cette initiative est fort bien venue: elle nous met face à nos responsabilités et je ne peux que vous inciter à recommander au peuple et aux cantons de l'accepter, pour penser aux générations futures, dans notre pays comme au plan mondial.