Tornare Manuel · Nationalrat · 2015-12-01
Tornare Manuel · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-12-01
Wortprotokoll
Je ne vais pas répéter ce qu'a dit la rapporteure de langue allemande, mais simplement restituer ce que la commission a dit.
La commission s'est penchée sur l'initiative parlementaire Joder Rudolf 14.435, "Garantir la sécurité alimentaire" qui vise à limiter l'importation de denrées alimentaires afin de protéger la sécurité alimentaire indigène. La commission a considéré qu'il n'y avait pas forcément de parallèle ou de relation de cause à effet à établir entre l'importation de denrées alimentaires et la protection de la sécurité alimentaire indigène.
La commission a donc décidé, par 11 voix contre 8 et 3 abstentions, de proposer au conseil de ne pas donner suite à cette initiative parlementaire. La majorité de la commission est d'avis que l'objectif de l'initiative parlementaire - Monsieur Grin, cela vous intéresse en tant qu'agriculteur - va à l'encontre des principes régissant la politique agricole de la Suisse telle qu'elle a été définie par le Parlement, ici même, dans les deux chambres. La commission est favorable à une politique économique extérieure ouverte, qui tienne compte des intérêts de l'ensemble de l'économie, et est convaincue qu'aussi longtemps que la Suisse, en général, et son agriculture, en particulier, profiteront des interactions croissantes entre les marchés, il ne conviendra pas de donner suite à une telle initiative parlementaire.
Une minorité de la commission estime quant à elle - on l'a entendu tout à l'heure - qu'il est nécessaire de limiter le libre-échange agricole afin de pouvoir garantir un approvisionnement sûr et durable en denrées alimentaires indigènes, préserver les ressources naturelles et entretenir le paysage rural.
En conclusion, on peut dire que nous sommes toutes et tous, dans les deux chambres de ce Parlement, attentifs aux souffrances actuelles du monde agricole suisse, souffrances rappelées par les manifestations de la semaine passée, ici à Berne. Cela dit, la majorité de la commission considère que cette initiative parlementaire ne constitue pas une solution pour l'agriculture! Deux conceptions s'affrontent: celle fondée sur le libre-échange et celle fondée sur le protectionnisme et l'autarcie. On a vu au cours de l'histoire que certains régimes, souvent totalitaires, avaient préconisé une agriculture totalement autarcique. Eh bien, cela n'a jamais fonctionné. Il existe aussi un paradoxe chez les partisans de l'initiative, comme je l'ai déjà soulevé: ils sont le plus souvent pour une économie ouverte, sur l'Europe, sur le monde, avec une libre circulation, non pas des personnes mais des marchandises! et, tout à coup, pour l'agriculture, ils préconisent des remèdes inverses en favorisant le protectionnisme et l'autarcie, le repli sur le pays!
Cette initiative parlementaire ne constitue donc pas une solution selon la Commission de politique extérieure qui vous invite à ne pas y donner suite.