Levrat Christian · Ständerat · 2015-12-08
Levrat Christian · Ständerat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-12-08
Wortprotokoll
L'affaire que je dois présenter est d'abord extrêmement simple; elle est ensuite extrêmement importante et elle est enfin extrêmement onéreuse. Il s'agit de remplacer les logiciels des postes de travail informatiques de l'administration. Pour être simple et très concret, il s'agit de remplacer à l'horizon 2020 les produits Office et Outlook utilisés par l'administration ainsi que les logiciels qui servent à la téléphonie par le biais d'Internet.
Il faut savoir que nous avons aujourd'hui 50 000 places de travail électroniques dans l'administration. Le nombre des places de travail dépasse le nombre des employés, parce que plusieurs de ces places de travail sont "poolées". En outre, un certain nombre de places de travail concernent des engagements à domicile; d'autres se retrouvent à double. Au sein de l'administration, 3000 applications spécifiques sont utilisées dans 80 secteurs économiques différents.
Les logiciels des systèmes de postes de travail arrivent au terme de leur cycle de vie et doivent être remplacés pour l'ensemble de l'administration. A partir de 2020, le fabricant actuel ne fournira plus d'assistance technique pour les logiciels utilisés aujourd'hui, les mises à jour de sécurité ne seront plus possibles, et la compatibilité avec les systèmes périphériques de ces 3000 logiciels différents ne sera plus assurée.
L'introduction des systèmes de postes de travail de nouvelle génération doit permettre de répondre aux demandes principales des départements. Afin de diminuer les coûts d'exploitation, différentes mesures techniques et organisationnelles sont prévues par le Conseil fédéral. Pour rappel, avec NOVE-IT 2000, il a été décidé qu'il n'y aurait plus qu'un fournisseur de prestations par département. Par la suite, avec l'introduction des standards dans l'automation de bureau, une consolidation impliquant deux prestataires de services uniquement a eu lieu pour l'ensemble de l'administration.
Il s'agit aujourd'hui de poursuivre ce processus de consolidation et de mieux utiliser les synergies actuelles.
Le Conseil fédéral vous propose un seul programme cette fois-ci, lequel est coordonné au niveau central en vue d'introduire cette nouvelle génération de systèmes de postes de travail. Il prévoit d'investir 89 millions de francs à cet effet, dont 19 millions de francs de prestations propres et 70 millions de francs de crédits d'engagement, pour un projet qui s'étalera de 2016 à 2020.
Votre commission s'est intéressée à deux questions spécifiques. Premièrement, la question de savoir s'il existe une alternative au système d'exploitation Microsoft actuellement utilisé. Les évaluations sont en cours, mais je ne saurais vous cacher que nous sommes relativement pessimistes quant à la possibilité d'introduire une alternative à Microsoft.
Deuxièmement, nous nous sommes arrêtés sur la question de la sécurité et avons constaté, avec le délégué de l'Unité de pilotage informatique de la Confédération, que les problèmes de sécurité sont pratiquement les mêmes selon que l'on travaille avec des logiciels libres ou avec des produits issus de Microsoft et qu'il est extrêmement difficile de garantir, concernant les programmations, une diminution des risques. Par contre, c'est au niveau de l'exploitation que des progrès peuvent être réalisés; c'est notamment une des raisons qui a conduit le Conseil fédéral à refuser d'externaliser l'exploitation de quelques applications clés dans le domaine de la bureautique.
Nous vous invitons à entrer en matière et à soutenir ce projet qui, je vous l'ai dit en introduction, est simple puisqu'il s'agit de remplacer notamment les produits Office, important parce qu'il concerne 50 000 postes de travail, et relativement onéreux puisqu'il s'agit d'un investissement de 89 millions de francs.