Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2002-03-06
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-03-06
Wortprotokoll
Les historiens se poseront peut-être la question suivante: fallait-il une exposition nationale? C'est une question qui appartiendra aux historiens. Ce n'est pas la question qui nous est posée aujourd'hui. Les historiens, mais aussi les politiciens, se pencheront sur la question de savoir si tout cela a été bien géré, bien emmanché dès le début. C'est une question qui nous intéresse et qui peut nous faire discuter, mais ça n'est pas la question à laquelle nous devons répondre aujourd'hui en votant ou en [PAGE 84] ne votant pas le crédit. Les historiens, et aussi les politiciens, se poseront peut-être la question de savoir si les coûts n'ont pas été trop grands, par exemple, Monsieur Mugny, pour faire plaisir aux écologistes, et si, notamment en voulant tellement de constructions éphémères, on n'a pas, du point de vue écologique et du point de vue financier, fait une erreur.
D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle le groupe libéral soutiendra la proposition Janiak qui réclame demander une évaluation pour savoir s'il n'y a pas lieu de garder certaines constructions qui le mériteraient. Car après tout, la destruction pourrait aussi engendrer des coûts et un gaspillage écologique.
Mais quand nous aurons exprimé nos irritations, quand nous aurons dit à M. Couchepin, conseiller fédéral, que venir six fois avec des demandes de crédit, c'est vraiment une saturation incroyable, quand nous aurons exprimé même peut-être - pour employer une expression triviale - notre ras-le-bol, il s'agira finalement de savoir si nous voulons, ici et maintenant, faire un acte responsable ou un acte de mauvaise humeur, peut-être très populaire à certains égards, mais certainement irresponsable. Le croche-patte au dernier moment, au moment où l'on est tout près de l'ouverture, ça n'est pas une attitude que le groupe libéral pourra soutenir.
Bien sûr, nous avons encore des questions, Monsieur le Conseiller fédéral. Par exemple, est-il vrai que des billets auraient été vendus à bas prix pour attirer en quelque sorte le plus de monde possible? Et n'y a-t-il pas là une hypothèque, ensuite, pour le bilan financier qui sera fait? Nous aimerions que vous répondiez à ce genre de questions. Nous aimerions que vous nous rassuriez, mais nous disons ceci: cette Expo devait-elle être faite? mais puisqu'on est maintenant à bout touchant, quel spectacle donnerions-nous au peuple, à la jeunesse et à l'étranger si au dernier moment nous jetions l'éponge, avec tout le gaspillage, d'ailleurs, que cela suppose?
Cet exercice, cet effet de manches là a quelque chose de déplaisant et même un peu de dérisoire. Je comprends le groupe démocrate-chrétien qui, en effet, est dans une certaine cohérence et une certaine logique parce qu'avec d'autres, dès le début, il a émis des critiques, il a demandé des garanties. Je comprends sa déception en voyant que les garanties n'ont pas été suivies des faits, en voyant que ce qui nous avait été promis du point de vue financier n'a pas été tenu et qu'on revient maintenant avec une demande de paiement supplémentaire. Mais, si j'ose employer cette expression, nous réglerons les comptes financiers et politiques après, et nous reparlerons de tout ça après peut-être. Et pour le moment, il s'agit d'assurer l'ouverture de cette exposition et, je le répète, de ne pas faire le croche-patte politique de dernière minute qui n'aurait aucune gloire, aucune efficacité et qui ne serait, finalement, que négatif à tous les points de vue.
C'est la raison pour laquelle le groupe libéral, non pas dans une espèce d'euphorie invraisemblable, mais en ayant le sens de la réalité d'aujourd'hui et en voulant que cette exposition soit quand même un événement de rassemblement pour ce pays, votera ce crédit, en grinçant des dents peut-être, mais en toute responsabilité.