Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-03-06
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-03-06
Wortprotokoll
Je ne voudrais pas ouvrir un débat sur le tabac. Personnellement, n'ayant pas eu d'argent de poche dans ma jeunesse, je n'ai pas pris l'habitude de fumer et je n'ai jamais eu une sympathie extraordinaire pour le tabac. Alors oublions le tabac, parlons de la taxe Tobin.
1. Je crois que la taxe Tobin est, encore une fois, une illusion. M. Ramonet, l'autre jour, a prétendu que M. Tobin la défendait toujours, alors que je prétendais, moi, que M. Tobin ne la défendait plus. La réalité est que M. Tobin, lui-même, ne défend pas sa taxe. Relisez l'article du "Spiegel". M. Ramonet, l'autre jour, le contestait. C'est évidemment faux. M. Tobin lui-même pense que la taxe de son nom n'est pas applicable.
2. C'est facile de dire ici "capitaux spéculatifs", "capitaux non spéculatifs". C'est probablement beaucoup plus difficile de distinguer dans la réalité. Certains flux de capitaux, on peut les qualifier de spéculatifs. Moi, je prétends que, souvent, ils ont un aspect qui inquiète parce qu'ils sont rapides. Il y a certainement des manoeuvres qui ont existé et que je condamne. Mais le plus souvent, si vous interrompez les flux de capitaux, les flux financiers, vous allez provoquer des catastrophes, tout simplement parce que le travail des gens qui vendent et achètent des devises chaque jour, c'est de tester le marché et de chercher le meilleur niveau de relation entre les différentes valeurs internationales. Si demain vous bloquez ces flux de capitaux quotidiens qui s'échangent dans le monde, vous empêchez le mécanisme de fonctionner avec une certaine finesse. Et vous allez provoquer ce qui est arrivé aussi en Argentine, c'est que les taux de change deviennent irréalistes et un jour, vraiment, il y a la catastrophe et le barrage qui s'effondre.
Les mouvements de capitaux spéculatifs ont quand même un avantage qui est justement celui de tester chaque jour la valeur réelle des différentes monnaies et leur valeur d'échange. La preuve, c'est que pratiquement aucun pays aujourd'hui ne pratique le système des taux de change fixes, parce qu'on a vu que ce système aboutit finalement à une catastrophe. Le barrage résiste et, un jour, il s'effondre s'il ne correspond pas à la réalité économique. La taxe Tobin rendrait le système beaucoup plus rigide si elle réussissait à liquider les flux de capitaux, et elle provoquerait périodiquement des crises graves dans des pays qui verraient leur monnaie chuter après avoir résisté pendant un certain temps, contrairement à la réalité et au bon sens économique.
Mais je vois que M. Maillard est déjà prêt à tirer la prochaine flèche, je me réjouis de l'entendre.