Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · 2016-03-08
Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · Jura · CVP-Fraktion · 2016-03-08
Wortprotokoll
Lors de sa séance des 28 et 29 janvier 2016, la Commission des finances a examiné avec toute l'attention requise le projet relatif à l'introduction de la nouvelle génération de systèmes de postes de travail, le Programme SPT 2020, présenté par le chef du département et le chef de l'Unité de pilotage informatique de la Confédération.
En préambule, il n'est pas inutile de préciser que si la bureautique qui comprend les systèmes de postes de travail n'est plus à même de fonctionner, l'administration est paralysée et ne peut plus remplir les tâches quotidiennes qui lui incombent. Autrement dit, des systèmes bureautiques fiables et sécurisés sont des outils incontournables pour l'administration fédérale et lui permettent d'assumer la gestion financière ainsi que celle du personnel, des affaires et des applications spécifiques des unités administratives.
Or, entre 2010 et 2012, la migration des postes de travail de toute l'administration fédérale a été effectuée vers le système d'exploitation Windows 7 avec un système standard. Microsoft a annoncé, en avril 2014, que le cycle de vie Windows 7 arriverait à son terme fin 2019 et qu'à cette date, le fournisseur cesserait d'assumer l'assistance de Windows 7, de sorte que le système actuel devrait migrer vers un système d'exploitation d'une nouvelle génération, d'où le Programme STP 2020.
Si le programme ne pouvait pas être mis en oeuvre d'ici à fin 2020, c'est le fonctionnement sécurisé de la bureautique et par conséquent l'accès à tous les systèmes centraux de l'administration et aux applications spécifiques qui ne seraient plus assurés. Il en découle la nécessité de travailler à une solution de remplacement des systèmes de postes de travail dès à présent, sans faire preuve de négligence dans ce dossier.
Le Conseil fédéral a confié le pilotage du Programme SPT 2020 au Département fédéral des finances via l'Unité de pilotage informatique de la Confédération, qui est chargée de la planification et de l'initialisation du nouveau programme. Ce dernier permettra de répondre aux principales sollicitations des départements en matière de postes de travail et d'offrir aux utilisateurs des instruments de travail mobiles pourvus de toutes les fonctions ainsi que des accès sécurisés nécessaires à la bureautique.
De plus, dans l'optique d'améliorer l'introduction de services standards dans l'automatisation de la bureautique, le Conseil fédéral a décidé de recourir à deux fournisseurs de prestations. Il s'agit de la Base d'aide au commandement pour le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports et de l'Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication pour tous les autres départements.
La mise en oeuvre de la migration avec un programme centralisé permet d'exploiter des synergies et de simplifier la coordination avec d'autres projets - je pense notamment aux programmes Gever et UCC. Le Programme SPT 2020 est classé projet clé, de sorte qu'il sera étroitement accompagné par la Délégation des finances et le Contrôle fédéral des finances et fera l'objet d'un rapport semestriel.
Examinons brièvement le contenu du Programme SPT 2020. Il implique la migration de plus de 40 000 postes de travail vers une nouvelle génération de systèmes de postes de travail afin de permettre d'accéder aux systèmes informatiques centraux et aux applications spécifiques. Cela concerne 3000 applications spécifiques et 80 secteurs économiques.
Venons-en aux coûts. Pour réaliser le nouveau programme, le Conseil fédéral demande au Parlement un crédit d'engagement de 70 millions de francs, auquel il faut ajouter des prestations internes pour un montant total de 19 millions de francs, si bien que le crédit total s'élèvera à 89 millions de francs. Les travaux se dérouleront en trois étapes pour terminer en 2020.
La première étape, à mon avis la plus importante, devisée à 5 millions de francs, consistera à définir la conception exacte des nouveaux logiciels des systèmes de postes de travail informatiques et à éviter de modifier le projet en cours de route, ce qui coûte cher, très cher parfois.
La deuxième étape, pour un montant de 49 millions de francs, concernera l'appel d'offres, l'introduction de la modification des plates-formes de production, la réalisation des tests de toutes les applications - 3000 applications spécifiques - et la réalisation de la migration.
La troisième étape, pour un coût de 16 millions de francs, consistera en une harmonisation des plates-formes, ce qui permettra de réaliser des économies au niveau des coûts du projet.
Au cours des délibérations, des membres de la Commission des finances ont évoqué la question d'une éventuelle alternative au système actuel d'exploitation Microsoft. Des systèmes alternatifs, tels que Linux ou des systèmes d'exploitation "open source" - le rapporteur de langue allemande y a fait allusion - ont été testés ou sont en cours de test. Toutefois, selon les déclarations des représentants de l'administration, les 3000 applications spécifiques existantes engendreraient une augmentation significative des coûts par rapport au projet actuel. [PAGE 231]
Pour conclure, compte tenu des motifs que je viens d'évoquer, la Commission des finances a considéré que ce projet était justifié et inéluctable, et c'est à l'unanimité qu'elle a accepté le projet d'arrêté fédéral prévoyant un crédit d'engagement de 70 millions de francs pour introduire la nouvelle génération des systèmes de postes de travail informatiques - le fameux Programme SPT 2020.
Au nom de la Commission des finances, je vous demande d'en faire de même.