Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-03-11
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-03-11
Wortprotokoll
Madame Genner, beaucoup a déjà été dit sur les antibiotiques aujourd'hui. Je me répète aussi un peu en rappelant l'étude menée par l'Office fédéral de la santé publique, en collaboration avec les milieux scientifiques, qui démontre que les problèmes de résistance que pourraient poser des résidus d'antibiotiques dans les denrées alimentaires sont quasi insignifiants, pour autant que les valeurs limites fixées soient respectées. Je rappelle aussi que la Suisse est l'un des rares pays à avoir interdit tout usage d'antibiotiques comme accélérateurs de croissance.
Une valeur limite est définie comme la concentration maximale au-delà de laquelle la denrée alimentaire est jugée impropre à l'alimentation humaine. La question que vous posez est celle de savoir pourquoi l'on n'envisage pas une valeur limite zéro, et je vous donne trois raisons:
[PAGE 163] 1. Les concentrations maximales fixées en Suisse sont en grande partie harmonisées avec celles de l'Union européenne, ceci également pour les antibiotiques. Elles sont basées sur des critères toxicologiques et scientifiques reconnus au niveau international. Ces valeurs sont utilisées par les autorités de contrôle, que ce soit pour les denrées alimentaires indigènes ou pour celles qui sont importées; une différenciation au niveau international ne serait pas possible.
2. Une valeur limite zéro donnerait une image totalement fausse aux consommatrices et aux consommateurs d'un éventuel risque représenté par des quantités très faibles et qui n'ont pas de conséquences négatives sur leur santé. En effet, les méthodes d'analyse actuelles permettent de déceler des quantités extrêmement faibles qui ne présentent aucun danger.
3. Une valeur limite zéro rendrait pratiquement impossible l'utilisation d'antibiotiques à usage thérapeutique dans le domaine vétérinaire. Il est nécessaire de les utiliser de façon restrictive mais adéquate, et cela uniquement dans des cas de maladie.