Berberat Didier · Ständerat · 2016-03-10
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-03-10
Wortprotokoll
Il est vrai que tout le monde peut souscrire au titre du postulat: "La Suisse, un îlot de cherté, pour quelles raisons? Et comment y remédier?" Beaucoup d'interventions ont eu lieu, cela a été rappelé, dans notre conseil concernant l'îlot de cherté. Pour ma part, je suis intervenu à trois reprises et je devrai peut-être intervenir une quatrième fois concernant le prix des journaux étrangers en Suisse, qui est scandaleux. D'ailleurs le Conseil fédéral l'a également admis. Je ne peux donc que souscrire au titre de ce postulat.
Donc, tout le monde est contre l'îlot de cherté et veut trouver des solutions. Par contre, ce qui me pose problème, c'est le développement de ce postulat qui ne correspond pas à ma vision de la lutte contre l'îlot de cherté. Le titre est un peu trompeur par rapport au texte et au développement de l'intervention. Il est vrai que le développement oral qui a été fait par Monsieur Fournier m'a quelque peu rassuré. Si tout le monde s'accorde sur le fait de renforcer la concurrence pour faire baisser les prix, il me semble malgré tout, malgré l'estime que j'ai pour Monsieur Fournier, que ce postulat ne cherche pas vraiment à avoir un regard objectif sur l'îlot de cherté, mais plutôt à proposer des déréglementations, sans toutefois lutter contre les prix élevés.
Par exemple - et je souhaiterais savoir de la part de Monsieur Fournier ce qu'il en pense - le postulat semble exclure le renforcement de la loi sur les cartels, qui pourrait justement améliorer la concurrence et éviter les ententes illicites. Et je rappellerai d'ailleurs que le Surveillant des prix a déjà rendu un rapport sur ce sujet, en mai 2014. Bien entendu, il est toujours possible de le compléter, mais à mon avis ce postulat ne permettrait pas de dresser toutes les mesures.
Cela dit, pour l'instant, je ne suis pas favorable à ce postulat, à l'instar du Conseil fédéral. Je ne pense pas en effet qu'on arrivera à trouver des solutions sans une certaine intervention de l'Etat. Je ne pense pas que la concurrence puisse tout régler dans ce domaine, parce que la concurrence existe actuellement, et on voit pourtant qu'elle est faussée.
C'est la raison pour laquelle je souhaite savoir si Monsieur Fournier n'estime pas, en ce qui concerne la loi sur les cartels, qu'une intervention de l'Etat dans ce domaine serait nécessaire pour faire en sorte de réguler le marché, sachant qu'il semble exclure dans son texte toute intervention de l'Etat.