de Buman Dominique · Nationalrat · 2016-03-16
de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · CVP-Fraktion · 2016-03-16
Wortprotokoll
Ce débat d'actualité sur la situation économique a lieu parce que des signaux d'inquiétude se multiplient quant à la santé réelle de notre économie: le chômage augmente, les délocalisations d'entreprises ont bel et bien lieu. Les initiatives populaires antiéconomiques de droite comme de gauche ont eu pour effet de créer l'insécurité juridique et de dissuader les investisseurs de venir en Suisse aussi nombreux que par le passé.
Certes, de nombreuses mesures ont été prises récemment ou sont en passe de l'être. Des moyens supplémentaires ont été octroyés à la Commission pour la technologie et l'innovation - qui va devenir très bientôt Innosuisse -, la durée du chômage de courte durée a été prolongée, le tourisme - et j'en sais quelque chose - a été soutenu, et si l'on doit encore ajouter un élément, des accords de libre-échange se multiplient, ce qui est très heureux.
Le groupe démocrate-chrétien aimerait cependant sentir un peu plus de souffle de la part du Conseil fédéral. L'initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié - "Fachkräfte-Initiative" - a un peu de peine à accoucher de quelque résultat, le rapport à ce sujet n'étant annoncé que pour l'automne 2016.
Notre groupe ne saurait se réjouir de la reprise de plusieurs fleurons industriels stratégiques par la Chine ou d'autres puissances asiatiques et il souhaiterait - à défaut d'une politique industrielle à laquelle le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche semble un peu allergique - au moins une stratégie économique, un plan B, si la promotion de l'innovation ne devait pas suffire à contrer la hausse du chômage.
Le groupe PDC attend à cet égard avec impatience le rapport du Conseil fédéral faisant suite au postulat de notre collègue du Conseil des Etats Konrad Graber sur les perspectives d'avenir du pays. Notre groupe demande au Conseil fédéral de mettre tout en oeuvre pour la bonne santé de nos PME, et cela ne doit pas être un discours vide de sens: nous demandons au gouvernement s'il est prêt à envisager, par exemple, une quote-part réservée aux PME dans les adjudications publiques - comme cela se fait aux Etats-Unis par le "Small Business Act".
Le groupe PDC est d'avis que le maintien de notre substance économique passe par l'attribution de tous les travaux possibles à des entreprises nationales: que penser de la récente impression de l'Annuaire statistique suisse 2016 en Allemagne? Que penser de l'impression récente du Manuel administratif en Italie, avec souvent des soutiens financiers publics?
Le groupe PDC souhaite également avoir de meilleures statistiques à l'avenir, en concertation avec les cantons, pour disposer enfin d'indicateurs dignes de ce nom permettant d'augmenter l'efficience de notre économie.
Pour conclure, le groupe PDC est conscient que la meilleure mesure favorable aux PME est la mise en oeuvre rapide de la Réforme de l'imposition des entreprises III. C'est la raison pour laquelle notre groupe s'engagera pour qu'elle ne dérape pas et qu'elle aboutisse ici et devant le peuple. Le débat d'aujourd'hui n'est pas un débat de crise, mais plutôt de sensibilisation. N'oublions pas que "gouverner, c'est prévoir!" C'est le sens qu'a voulu insuffler notre groupe à ce débat. Il ne s'agit pas d'alarmisme, mais de la prudence et de la précaution suisses qui ont fait notre succès et auxquelles nous ne voulons pas renoncer.