Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-03-17
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-03-17
Wortprotokoll
Lorsque j'entendais Madame la conseillère aux Etats Maury Pasquier se présenter, au début de son intervention, en tant que Genevoise, j'ai pensé qu'en ce qui concerne la Genève internationale, on est tous un peu Genevois. L'intervention de Monsieur le conseiller aux Etats Damian Müller vient de le démontrer: il ne faut pas être résident à Genève pour soutenir la Genève internationale. Il faut être citoyen du monde, mais en particulier citoyen de la Suisse, parce que cela est un des intérêts et des valeurs de notre pays.
En fait, si le présent objet concerne un bâtiment dans une ville, il s'agit de beaucoup plus que cela: il s'agit aussi d'un symbole très fort dans une stratégie beaucoup plus large. Le bâtiment est destiné à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui est une fondation particulière représentant les sociétés de presque toutes les nations du monde. Cette fédération s'occupe notamment de la question des opérations de secours aux victimes de catastrophes. Par conséquent, aider la reconstruction du FISCR consiste à confirmer ses activités et l'origine de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève.
Le fait que le coeur de la fédération se trouve en Suisse paraît peut-être évident aux Suisses, mais cela ne va pas de soi quand on regarde le monde. C'est quelque chose de mondial. Le fait d'en avoir les origines doit être systématiquement confirmé, démontré comme étant quelque chose qui nous tient à coeur. Je pense que votre décision, même si ce n'est pas un très grand dossier, va bien au-delà d'un seul bâtiment.
Cela dit, le bâtiment est important. Il faut démolir le bâtiment actuel et le reconstruire. La reconstruction est soutenue, en effet, et par la Confédération et par le canton, qui donne non seulement le droit de superficie, mais offre aussi l'ancien bâtiment à démolir, qui lui appartient. Comme toujours, il y a un lien fort entre la Confédération et les autorités genevoises du canton et de la Ville, pour obtenir au bout du compte un renforcement de la Genève internationale.
Cela, c'est pour le bâtiment dans la ville. Pour ce qui est du symbole dans une stratégie beaucoup plus large, c'est le coeur des organisations humanitaires dans la capitale humanitaire mondiale. Genève est vue comme cela et elle souhaite évidemment être au niveau de sa responsabilité morale. La stratégie doit donc viser à renforcer la Genève internationale.
Vous en avez parlé en 2015, lorsque vous avez accepté le message relatif au renforcement de l'Etat hôte. La stratégie avait été déterminée auparavant, en collaboration avec le canton et la ville de Genève. Certes, il y a les rénovations et les bâtiments, mais aussi toutes les questions liées beaucoup plus aux êtres humains, au réseau, aux compétences et à l'universalité, ce qui a été rappelé tout à l'heure. Pour nous, l'importance de l'universalité de Genève est très grande. Nous cherchons vraiment à avoir, si possible, autant de missions qu'à New York, et nous en sommes tout proches. Mais, si l'on veut réellement être représentatif des débats mondiaux et trouver des solutions aux défis globaux, il faut que tous les pays et tous les acteurs se sentent représentés; c'est un élément important.
Donc, chaque petit morceau du puzzle joue un rôle dans la finalité de cette stratégie de renforcement de la Genève internationale, de la défense des intérêts et de la promotion des valeurs suisses. On l'a encore vu hier, avec les déclarations de l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie.
Le moyen pour y parvenir est en effet conforme à la pratique habituelle, à savoir un prêt à la Fondation des immeubles pour les organisations internationales, sans intérêts, remboursable sur cinquante ans. Les autorités de Genève donnent également leur appui, très bienvenu, parfois différent dans la forme, mais toujours de la même intensité selon les dossiers.
La FIPOI vient d'être réorganisée. Il y a eu un audit; il y a eu un rapport d'experts; et il y a eu dans les deux cas des recommandations, que le Conseil de fondation a décidé d'appliquer, avec le soutien des départements concernés. Cela veut dire qu'il y a une nouvelle direction, qui est en fait déjà partiellement entrée en fonction. L'entrée en fonction du directeur est prévue formellement au 1er mai, mais la personne qui a été choisie passe déjà partiellement son temps à la direction. Les directions des différentes divisions ont été réorganisées. Je mentionnerai l'introduction d'une série de nouveaux instruments de gestion; il y a également un changement progressif de la culture d'entreprise, qui me paraît aussi important.
Dans un deuxième temps, nous allons procéder à une analyse de la gouvernance - nous avons en fait déjà commencé cette analyse -, afin de voir dans quelle mesure les éléments de gouvernance sont conformes aux standards qui sont ceux de la Confédération en la matière. Et cela correspond aux préoccupations qui ont été citées par Monsieur Levrat tout à l'heure.
Il y a donc un bâtiment, un symbole, un dossier, qui s'inscrivent dans une vision plus large. Cette vision plus large ne va pas tarder à revenir ici même, comme l'a dit Monsieur [PAGE 219] Levrat, puisqu'en fait, le message relatif à la rénovation du Palais des Nations et des sièges de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Organisation internationale du travail a déjà été approuvé par le Conseil fédéral et a été transmis au Parlement. Ce sera la prochaine étape dans la stratégie de renforcement de la Genève internationale, avec la rénovation du Palais des Nations, qui est historique, puisqu'on rénovera ce bâtiment pour la première fois - il est ancien et il en a d'ailleurs bien besoin!
C'est dans cette perspective que je vous remercie de soutenir ce projet. Cela a été dit, si vous adhérez à ce projet aujourd'hui, on sera alors en mesure de réaliser la reconstruction dans les temps, c'est-à-dire pour le coup d'envoi du centenaire de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui aura lieu en 2019. On l'a dit, ce n'est évidemment pas le premier objectif, mais cela tomberait bien. Il est possible que cette construction, si elle se fait dans les temps, puisse être terminée à fin 2018, soit pour l'ouverture de l'année du centenaire, en 2019.
Je vous remercie de bien vouloir soutenir cette intention et ce dossier.