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Chevrier Maurice · Nationalrat · 2002-03-14

Chevrier Maurice · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2002-03-14

Wortprotokoll

Le 21 mars 2001, Mme Polla, conseillère nationale, déposait une initiative parlementaire munie de 14 signatures en demandant la modification de l'article 1er lettre a de la loi fédérale sur la recherche pour y insérer le principe d'un encouragement de la recherche scientifique, notamment en sciences humaines, naturelles et techniques, de même que de la mise en valeur de ses résultats.

A l'occasion de la séance de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture, l'auteur de l'initiative a complété le texte en y ajoutant la notion de "sciences sociales". Au cours de la même séance, tenue le 14 février dernier, Mme Polla a développé avec ardeur son texte, faisant notamment ressortir qu'il est absolument indispensable et nécessaire d'accompagner les débats sur les sciences dures - on pense aux sciences naturelles et techniques - d'une réflexion en sciences humaines, en éthique et en science politique ainsi que de considérations sur l'histoire de la science. Elle prenait, à titre d'exemples, les débats sur la vie à naître ou encore la mort. Au-delà de l'argument utilitaire, elle mettait en évidence le fait que les sciences humaines et sociales font partie de plein droit de la science et ne doivent plus être considérées comme les parents pauvres, comme des sciences de deuxième classe. Au contraire, il faut officiellement les reconnaître et les soutenir.

Sur le fond, la commission, dans sa très grande majorité, comprend le souci de Mme Polla et reconnaît comme étant juste la volonté de donner aux sciences humaines leurs lettres de noblesse. L'idée d'accompagner les sciences dures d'une réflexion psychologique, politique, historique, éthique, philosophique ou encore linguistique séduit largement. Certains commissaires constatent que ces tourments agitent d'ailleurs le Parlement depuis plusieurs années, et que malheureusement aucune solution vraiment satisfaisante n'a été trouvée.

Mais si la commission partage la préoccupation, elle estime que la voie choisie, soit l'initiative parlementaire, n'est pas la bonne. Certains pensent même qu'une modification législative servirait d'oreiller de paresse au gouvernement, lui permettant de ne plus rien faire pendant de nombreuses années, alors que les incessantes interventions parlementaires l'obligeront à remettre l'ouvrage sur le métier jusqu'à l'obtention de résultats concrets et satisfaisants.

En d'autres termes, la commission, par 12 voix contre 6 et avec 4 abstentions, approuve le contenu mais ne peut suivre Mme Polla sur le chemin de l'initiative parlementaire. Ce résultat fait ressortir une nouvelle fois peut-être, serai-je tenté de dire, un fossé culturel, du moins une appréciation différente des situations en ce sens que les latins voudraient, pour se rassurer, que l'encouragement des sciences humaines figure dans la loi, alors que l'intention, exprimée avec force et conviction, suffit au bonheur des germanophones.

Du côté de l'administration, on se veut optimiste en insistant sur le fait que des mesures d'encouragement des sciences humaines et sociales devraient notamment figurer dans le message sur l'encouragement de la formation, de la recherche et de la technologie pendant les années 2004-2007.

C'est ainsi qu'au nom de la commission, je vous invite à ne pas donner suite à l'initiative parlementaire Polla, même si elle apparaît comme des plus intéressantes.