Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-03-18
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-03-18
Wortprotokoll
Nous avons déjà tout dit dans notre réponse. La seule raison qu'il y aurait de rejeter le postulat, puisque M. Gutzwiller accepte de transformer sa motion en postulat, serait de dire que nous ne voulons donner aucun signal que ce sujet-là puisse intéresser la Confédération. Ce que nous avons essayé de dire dans la réponse, c'est que nous voulons soutenir les cantons dans leur recherche d'une solution. Ce n'est qu'en cas d'échec que nous pourrions envisager de devenir actifs dans ce domaine.
J'aimerais rappeler que je n'ai pas considéré comme une "Sternstunde" du fédéralisme l'inscription dans la constitution que l'année scolaire débute entre la mi-août et la mi-septembre. La conséquence en a été que nous avons dû obliger deux cantons à accepter ce changement de réglementation, cela après avoir essayé durant très longtemps de laisser les cantons s'associer pour trouver des solutions qui garantissent la meilleure mobilité possible. En effet, dans ce domaine aussi, c'est un problème de mobilité, M. Gutzwiller l'a dit. Il serait bon que dans les différents cantons, les programmes, les cursus scolaires avancent au même rythme et qu'un enfant d'un certain âge, lorsqu'il change de canton, puisse retrouver à peu près le même niveau scolaire. Il y a donc beaucoup de choses qui parlent en faveur d'une meilleure coordination. Je le répète encore une fois: pour nous, il est clair que c'est en premier lieu une tâche des cantons et nous sommes confiants dans leur capacité d'aller de l'avant dans ce domaine. Transmettre ce postulat signifie se réserver le droit de le réactiver en cas d'échec dans le domaine de la coordination entre les cantons.
Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit. Bien sûr que la scolarisation diffère si elle commence à cinq ou à sept ans! Bien sûr que l'objectif prioritaire n'est pas forcément de sortir le plus vite possible du système scolaire, mais d'avoir le meilleur système scolaire! Bien sûr que l'étude PISA m'a causé un certain choc, parce que j'espérais y trouver la confirmation que dans tous les pays où l'on commençait le plus tôt possible la scolarisation, les résultats étaient meilleurs. Il y a toujours une exception à la règle, et le cas de la Finlande le confirme! Dans ce sens-là, il y a beaucoup de choses qui [PAGE 303] peuvent être étudiées, nous ne ferons rien dans ce domaine sans donner la préséance aux cantons. C'est ce que je tenais à dire à cette tribune.
Avec cette réserve, nous pouvons tout à fait accepter le postulat, parce que c'est un sujet important. Le programme PISA, en particulier, va nous obliger à nous poser des questions de ce genre, sur le plan théorique comme sur le plan pédagogique. Nous sommes prêts à apporter des réponses à ces interrogations.