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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2016-06-13

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2016-06-13

Wortprotokoll

Si on s'oppose à ce moratoire sur l'exportation de déchets nucléaires à des fins de retraitement, c'est que l'on doit avoir de bons arguments. Mais, là, je vous avoue que je peine à les voir.

Tout d'abord, est-ce que les centrales atomiques suisses utilisent du combustible MOX issu du retraitement? Eh bien, non! soit les exploitants ont renoncé à son utilisation, soit ils ne l'ont jamais utilisé. Alors est-ce que ce retraitement a du sens sur le plan écologique? En aucun cas, puisque les usines de retraitement de La Hague et celle de Sellafield, qui fermera d'ailleurs en 2018, sont connues pour polluer l'air et l'eau de manière très importante. Est-ce enfin une question financière? Le retraitement est très coûteux. Les exploitants suisses ont déjà payé plus de 2 milliards de francs, ce qui n'est pas rien. Quant à l'entreprise française Areva, qui gère l'usine de La Hague, elle n'est pas loin de la faillite; un vrai flop financier!

Alors pourquoi est-ce que l'on retraitait ces déchets nucléaires? Principalement pour en retirer du plutonium à des fins militaires et, dans un deuxième temps, pour en faire un nouveau combustible nucléaire - le MOX - que nos centrales atomiques n'utilisent plus aujourd'hui, comme je l'ai déjà expliqué. Sachant que la Suisse n'a pas pour intention [PAGE 1006] de faire une bombe atomique et que nous n'utilisons plus de MOX, où serait l'intérêt de retraiter ces déchets atomiques?

Nos deux conseils ont décidé, dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050, d'interdire le retraitement de façon permanente. Cette stratégie n'entrant pas en vigueur avant 2018 et le moratoire se terminant fin juin 2016, il est impératif de prolonger l'interdiction de retraitement. La prolongation de dix ans est nécessaire afin d'offrir une stabilité juridique aux exploitants de centrales. Cela leur permettra une planification de la gestion de leurs déchets à moyen terme.

J'ai de la peine à comprendre certains groupes politiques qui veulent lutter contre le terrorisme mais qui, dans le même temps, sont prêts à prendre le risque d'augmenter le danger de prolifération nucléaire en promenant des déchets atomiques à travers toute l'Europe.

Le groupe vert'libéral est soucieux de la sécurité de ce pays. Dès lors, il entrera en matière et soutiendra un moratoire crédible de dix ans.