Beck Serge · Nationalrat · 2002-03-19
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2002-03-19
Wortprotokoll
Il convient tout d'abord de rappeler que l'expertise Eco'Diagnostic a essentiellement établi des faits sur la base de sources que, je crois, l'on peut supposer dignes de foi, dans la mesure où ce sont vos propres sources, celles des parlementaires des Chambres fédérales. Je crois que le maintien d'un Parlement de milice rend indispensable de décharger les parlementaires. Mesdames et Messieurs, et Monsieur Blocher en particulier, je vous demande de bien vouloir faire le compte des parlementaires qui, aujourd'hui déjà, sont de purs lobbyistes au sein de cette assemblée, qui disposent d'une fonction, entre guillemets, de couverture dans une entreprise, dans un syndicat, dans une association patronale. C'est bel et bien là que l'on trouve la réalité de la situation de notre Parlement et les limites de la milice. Le renforcement des secrétariats de groupes a été un pas dans le bon sens, certes, mais un pas insuffisant et surtout incompatible avec les responsabilités individuelles de chaque parlementaire et avec leur dissémination aux quatre coins du pays.
Un certain nombre de collègues de parti de MM. Bortoluzzi et Blocher connaissent les difficultés quotidiennes qui consistent à absorber 25 centimètres de courrier chaque semaine, à répondre à toute cette correspondance, à analyser les différents messages qui nous sont soumis par le Conseil fédéral. Alors, au-delà des déclarations dogmatiques qui ont été faites précédemment, par certains membres du groupe de l'Union démocratique du centre dans d'autres lieux, sur un Parlement faible face à un gouvernement fort, je crois que ce que veulent certains d'entre vous, c'est un Parlement faible face à une administration forte, mais, plus encore, un Parlement faible face à des lobbies ou à des personnalités économiques fortes. Et cela, nous n'en voulons pas!
Monsieur Bortoluzzi, le Parlement que vous voulez, est-il celui des spécialistes qui limitent leur engagement dans le domaine de leur seule commission? Alors, allons jusqu'au bout, si telle est la vision que vous avez de ce Parlement, et laissons les commissions décider souverainement. Ne recourons pas au simulacre de débats en plénum. Bien sûr, nous pouvons aussi multiplier la pratique - nous l'avons connue deux fois au cours de la session récente - qui consiste à déposer sur le bureau des députés 48 heures avant ou même, le cas échéant, le jour même du débat, un certain nombre de rapports ou de messages, de manière à ne pas perdre de temps, et à faire semblant, à tromper les citoyens de ce pays qui croient encore que ce Parlement est un lieu de débats.
C'est bel et bien une opération "vérité" à laquelle nous nous livrons aujourd'hui, et c'est bel et bien une opération écran de fumée à laquelle veut se livrer M. Blocher. Nous ne devons pas tomber dans ce piège. Préférez-vous transformer les députés en purs satellites des lobbies, sans que le peuple ne le sache? Nous avons vu et nous voyons régulièrement, y compris parmi les collègues de parti de MM. Bortoluzzi et Blocher, le manque de préparation, même dans les travaux de commission, dont nous sommes tous victimes pour raison de surcharge.
Nous sommes de plus en plus sous influence parce que nous dépendons de soutiens financiers ou logistiques. Et la plus brillante démonstration de cette situation, c'est le groupe de l'Union démocratique du centre, qui nous la donne aujourd'hui. Alors qu'il dispose de cinq ou six [PAGE 327] parlementaires dans la Commission des institutions politiques, ceux-ci n'ont pas combattu, ne se sont pas opposés au projet que nous examinons. Ils ont même participé constructivement à de nombreux débats sur les propositions de détail. Alors, il n'est pas admissible que, dans une reprise en main qui tient plus de l'écran de fumée que de l'opération "vérité et responsabilités" à l'égard des citoyens, aujourd'hui le groupe de l'Union démocratique du centre, dans une nouvelle action qui tient du populisme, combatte ce projet.
Je vous invite donc, en tenant compte de la réalité que vous connaissez tous en tant que membres de ce Parlement, à soutenir très fermement le projet raisonnable, modéré et adapté à la situation qui vous est proposé par la Commission des institutions politiques. C'est là une attitude responsable à l'égard des citoyens qui nous ont mandatés pour représenter leurs intérêts et pour représenter l'intérêt commun dans ce Parlement.