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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-09-15

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-09-15

Wortprotokoll

Nous partageons les objectifs de la motion, qu'elle soit adoptée ou non. Nous souhaitons souligner les trois points suivants.

1. Il faut être très clair: la situation en Erythrée reste difficile. Il y a des problèmes de détention arbitraire, de torture. Ce constat est non seulement lié à des déclarations et à des rapports de l'ONU, qui constituent évidemment nos bases, mais aussi au fait que la constitution érythréenne de 1997 n'a jamais été mise en oeuvre, que le parlement n'a pas été convoqué depuis plus de dix ans, que le président et l'armée interviennent dans le système judiciaire, que le pays est gouverné par des décrets présidentiels et que la situation économique est en train de se détériorer assez nettement. La situation n'est pas très brillante non seulement sur le plan économique, mais sur les plans politique et des droits de l'homme non plus.

2. Cela dit, la Suisse est prête à reconnaître et à encourager toute amélioration. Pour le moment, nous constatons qu'il n'y a pas d'amélioration du côté des droits de l'homme. Nous constatons que le gouvernement érythréen est revenu officiellement sur son annonce de limiter dans le temps le service national et nous constatons que le CICR, avec qui nous sommes en contact étroit, n'a pas obtenu l'accès aux lieux de détention, ce qui est un point essentiel pour la Suisse et pourrait être une sorte de point d'entrée pour le lancement d'un véritable dialogue.

A ce deuxième point, j'aimerais ajouter un élément positif: il y a eu un accord entre l'ONU et l'Erythrée, relatif à un programme en matière de droits de l'homme. Il n'y a pas encore de progrès tangible, mais il y a eu un accord important, et nous suivons cela de près.

3. Nous voulons renforcer les relations bilatérales avec l'Erythrée. La Suisse et l'Erythrée entretiennent des relations bilatérales depuis 1993. Nous cherchons à intensifier le dialogue avec le gouvernement érythréen sur place, en Suisse et dans le cadre multilatéral. Nous avons salué, dans ce cadre, la résolution relative à l'examen périodique universel et également celle sur le renforcement de la commission d'enquête sur les droits de l'homme.

Nous cherchons à coordonner les actions sur le plan international, surtout avec les pays européens qui sont dans des situations assez comparables à la nôtre, et nous voulons par ce biais obtenir un agenda avec des progrès à réaliser des deux côtés. Nous cherchons aussi à nous engager sur place, en soutenant quelques projets ciblés afin d'encourager et de tester la volonté du gouvernement érythréen, nous le disons clairement. Ainsi, nous soutenons, depuis janvier 2016, un projet proposant des cours de formation professionnelle à des jeunes Erythréens. Nous examinons actuellement un éventuel soutien au projet visant à inscrire la ville d'Asmara sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Nous évaluons d'autres engagements dans des projets ciblés avec l'ONU ou d'autres organisations partenaires en Erythrée pour améliorer le respect des droits de l'homme ainsi que les conditions sociales et économiques sur place.

Je conclurai en disant que nous vous proposons d'approuver cette motion, dans la perspective d'engager un véritable processus, basé sur des étapes de progrès concret. Mais nous le disons encore une fois très clairement: ces progrès dépendent aussi des mesures qui vont être prises par le gouvernement érythréen, des mesures en faveur des gens, en faveur du peuple, en faveur des droits de l'homme, des mesures que nous sommes vraiment prêts à encourager, à reconnaître, à saluer, mais des mesures qui aujourd'hui restent encore à prendre.