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Derder Fathi · Nationalrat · 2016-09-22

Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2016-09-22

Wortprotokoll

La motion que je vous propose d'accepter aujourd'hui est le fruit d'un combat qui est cher au Parti libéral-radical. Il peut se résumer de manière assez simple: concilier vie familiale et vie professionnelle. Une motion qui allait dans ce sens avait d'ailleurs déjà été déposée il y a cinq ans. Elle voulait faire passer les montants déductibles au titre des frais de garde de 10 000 à 24 000 francs. Elle avait été rejetée par le Parlement, pour diverses raisons assez variées. Pour certains, notamment à ma droite, la place de maman est plus à la maison à préparer la dinde de papa qu'à faire carrière dans une entreprise. Pour d'autres, notamment à ma gauche, c'était plutôt un privilège pour les riches et il ne fallait donc pas élever ces montants déductibles.

Il est nécessaire que l'on remette ce débat sur le tapis aujourd'hui, parce que la situation a évolué en quelques années. D'une part, les frais de garde continuent à augmenter de manière sensible. D'autre part, on a un vrai besoin aujourd'hui, pour la compétitivité de notre pays, d'avoir de la main-d'oeuvre indigène - on en a parlé hier -, des cerveaux indigènes et des personnes en Suisse qui font carrière. Evitons de devoir aller chercher ces talents à l'étranger. Nous devons donc encourager l'adéquation entre la vie professionnelle et la vie familiale, la possibilité pour les pères, comme pour les mères, de faire carrière en entreprise.

Pour ce faire, il faut corriger cette situation, qui est à peu près inadmissible aujourd'hui pour les familles. Je citerai une situation totalement réelle, le cas d'un couple dont les deux personnes travaillent à plein temps. Il est alors fréquent que l'intégralité du deuxième salaire passe en frais fiscaux ou de garde, ce qui est juste une incitation à ne pas travailler pour le conjoint, que ce soit le père ou la mère. Nous devons corriger le tir et faire passer le montant déductible des frais de garde de 10 000 francs à 24 000 francs, ce qui représente 2000 francs par mois par enfant.

C'est nécessaire pour être plus compétitif, pour avoir accès à la main-d'oeuvre, aux cerveaux et aux personnes en Suisse qui veulent faire carrière. C'est absolument indispensable pour s'attaquer au problème du plafond de verre.

Quand j'entends dire que ce n'est pas une bonne solution parce que cela privilégie les couples aisés, je réponds ceci: oui, cela concerne plutôt les classes moyennes supérieures; oui, cela concerne ces femmes qui évoluent à un niveau où elles peuvent passer d'un poste de cadre à un poste de cadre supérieur, voire à un poste de patron d'une entreprise. Or, c'est précisément ce public, ces personnes qu'on pénalise; c'est à ces personnes, qui sont en pleine carrière et qui peuvent accéder à des postes à responsabilité, qu'on dit: "Ecoutez, votre salaire va passer dans les frais fiscaux et dans les frais de garde."

C'est en encourageant les femmes à accéder à des postes à responsabilité par le biais de mesures équitables pour toutes les familles qu'on parviendra à combattre le plafond de verre aujourd'hui, et non en instaurant des quotas. Si on veut un jour envisager des quotas, on peut le faire, mais commençons par constater les faits: quand ces familles ouvrent leur porte-monnaie à la fin du mois et qu'elles se rendent compte que l'intégralité du deuxième salaire a été absorbée, alors le couple renonce à continuer à faire carrière.

Il est nécessaire, impératif et urgent, face au besoin actuel de main-d'oeuvre indigène et à la nécessité d'être compétitifs, de rendre fiscalement intéressante la possibilité pour les familles suisses - quels que soient leurs moyens financiers et leur niveau social - de mener leurs carrières et donc de concilier au mieux une vie professionnelle et une vie familiale.

C'est la raison pour laquelle je vous incite à soutenir ma motion.