Marra Ada · Nationalrat · 2016-12-14
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-12-14
Wortprotokoll
D'abord, je déclare mes liens d'intérêts: je préside la fondation Mère Sofia à Lausanne, qui avait ouvert l'hiver dernier et ouvrira à nouveau l'année prochaine, très probablement, un lieu d'accueil d'urgence pour les sans-abri.
Le but de mon postulat est de charger le Conseil fédéral de faire une sorte de recensement de ce qui existe au niveau suisse, dans les villes et les cantons, en matière d'accueil pour les sans-abri. Nous sommes désormais en plein hiver, et il y a aujourd'hui des personnes qui dorment dans la rue [PAGE 2212] dans ce beau pays. C'est ce que j'appelle l'autre Suisse, une réalité trop souvent méconnue dans cet hémicycle, tout comme de manière générale.
Les sans-abri vivent dans une grande précarité, par exemple en ce qui concerne les soins, et vivent une autre réalité, qui est caractérisée par un manque de sécurité. Ouvrir des lieux d'accueil de nuit d'urgence, c'est, d'un côté, maintenir ces personnes en vie et, de l'autre, les protéger d'une certaine insécurité.
Force est de constater que cette problématique n'est soutenue que par quelques villes qui supportent tout le poids des accueils de nuit. Selon les villes et les cantons, les structures sont différentes: il y a tout d'abord les structures à "bas seuil" d'exigence, pour lesquelles l'accès ne dépend pas de critères particuliers. D'autres structures sont des lieux de passage, où on accueille plus longtemps les personnes: elles peuvent y dormir plusieurs nuits, puis, leur situation est analysée, et ces personnes sont transmises à d'autres structures pour les aider à s'en sortir. Une telle structure existe notamment à Fribourg. Il y a enfin les structures d'accueil de "moyen seuil": on fixe, d'entente avec les personnes, quelques nuitées par semaine pendant lesquelles elles peuvent y dormir.
Dans sa réponse, le Conseil fédéral reconnaît que l'accueil de nuit d'urgence est une vraie problématique, et je l'en remercie. Mon postulat vise toutefois à aller plus loin, à savoir à évaluer ce qui est fait dans le pays et à ce que le Conseil fédéral émette, éventuellement, des recommandations à l'intention des villes et des cantons.
S'agissant de la réponse du gouvernement, je profite d'avoir la parole pour demander une précision à Monsieur le conseiller fédéral Berset. Le Conseil fédéral nous dit que la problématique pourrait être discutée dans le cadre du Dialogue national sur la politique sociale suisse entre la Confédération, les cantons, les communes et les villes, ce qui me réjouit. Est-ce que cela a été porté à l'agenda et quel est le résultat de cette discussion?