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Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2017-03-01

Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-01

Wortprotokoll

Cette initiative parlementaire, vous l'avez entendu, a pour but de soutenir les parents qui soignent à la maison des enfants gravement malades ou lourdement handicapés. Le projet qui en est issu se concentre sur les enfants qui ont droit à une allocation pour impotent et à un supplément pour soins intenses de l'assurance-invalidité. Je suis favorable, bien sûr, à ce projet qui permettra d'améliorer le soutien alloué à des familles durement touchées par la maladie ou le handicap et fortement investies dans la prise en charge de leur enfant, souvent au détriment de leur équilibre personnel, professionnel et financier.

Cela dit, l'éventail tant de l'initiative parlementaire que du projet qui en est né doit à mon sens impérativement être élargi, comme le demandent de nombreuses interventions parlementaires depuis 2008 déjà. Car qu'en est-il des parents d'enfants victimes d'un accident ou souffrant par exemple d'un cancer, qui restent auprès de leur enfant et lui prodiguent des soins, que ce soit à l'hôpital, dans une autre structure ou à domicile? Ceux-ci n'ont aujourd'hui droit qu'à un congé dérisoire de trois jours et voient s'ajouter à leur souffrance d'importants soucis organisationnels et financiers. Loin de moi l'idée d'opposer à des parents plongés dans des situations très difficiles d'autres parents dans des situations très difficiles aussi. Tous les parents d'enfants gravement atteints dans leur santé doivent être mieux soutenus, d'autant plus si l'état de leur enfant ne donne pas droit, ou pas encore, à des prestations de l'assurance-invalidité.

De même, les personnes, de plus en plus nombreuses, qui prennent soin d'une personne adulte de leur entourage doivent être mieux aidées, en particulier celles qui exercent une activité professionnelle. A cet égard, je salue les grandes lignes récemment annoncées par le Conseil fédéral du mandat législatif confié au Département fédéral de l'intérieur, qui consistent en l'instauration d'un congé payé de courte durée pour les proches aidants, de même qu'un congé plus long pour les parents d'enfants gravement malades ou accidentés, un congé qui doit être couvert par une prestation financière. Les autres mesures annoncées visant à mieux reconnaître les tâches d'assistance dans l'AVS et à décharger les proches aidants vont elles aussi dans le sens de l'évolution démographique et de l'égalité entre femmes et hommes - puisque environ les deux tiers de ce travail de soins non rémunéré sont fournis par des femmes, au détriment de leur vie professionnelle - et tout simplement dans le sens d'une société humaine.