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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-03-08

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-03-08

Wortprotokoll

Quand on examine une motion, il faut toujours en revenir à l'essentiel, or, l'essentiel c'est son texte. Quel est son but? Que la Suisse soutienne les efforts des Nations Unies en Erythrée. Je crois que ces efforts s'inscrivent dans une action générale et j'aimerais aborder rapidement trois questions avec vous. Premièrement, que voulons-nous pour l'Erythrée? Cela répondra en partie à l'appréciation faite par Monsieur le conseiller national Stamm. Deuxièmement, quelle est l'évolution de la coopération de l'ONU avec l'Erythrée? Enfin, dans le cadre de l'ONU, que fait la Suisse?

Tout d'abord, répondons à la question de savoir ce que nous voulons pour l'Erythrée. Ce que nous voulons, c'est ouvrir et développer un véritable dialogue qui permette de mettre sur pied un processus avec l'Erythrée, étape par étape. Il ne faut pas être trop ambitieux, car cela va être difficile, mais c'est un processus qui se base sur le principe selon lequel chacun fait un effort. Après, on peut passer à l'effort suivant. D'un côté de la table, il y la Suisse ainsi que des représentants de la communauté internationale - essentiellement des Européens - et de l'autre côté, il y a l'Erythrée. Le but est commun et il implique un processus commun. Nous voulons voir des progrès aussi du côté érythréen. J'ai souvent dit ici et devant le Conseil des Etats qu'une action absolument indispensable à nos yeux, c'était la possibilité de faire des visites dans les prisons, puisque c'est quelque chose qui est pratiquement impossible, depuis longtemps, en Erythrée, ce qui pose un sérieux problème. Nous voulons aussi coordonner l'action au niveau international, particulièrement avec des pays européens. Nous voulons faire notre part en soutenant des projets ciblés qui touchent essentiellement la formation professionnelle en Erythrée, et ce sans attendre - c'est la première étape de ce processus. Cette stratégie est actuellement déployée, il faut lui donner un peu de temps et il n'est pas possible, à ce stade, de commencer à tirer des conclusions. Cette stratégie est donc en cours de déploiement.

La deuxième question porte sur l'évolution de la coopération de l'ONU avec l'Erythrée. En 2016, donc l'année dernière, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a pu se rendre à plusieurs reprises à Asmara. Ces visites constituent, là aussi, un pas. De plus, l'ONU et le gouvernement érythréen ont signé en mai de l'année dernière un accord sur un programme qui concerne essentiellement les droits sociaux et la réforme de la justice. Ce programme va durer quatre ans et se monte à quelque 28 millions de dollars. Puis, dans le domaine de la culture, un projet important pour l'Erythrée a été lancé, à savoir le projet qui vise à inscrire la vieille ville d'Asmara au patrimoine mondial de l'Unesco.

Je vous ai donné quelques-unes des lignes directrices de l'ONU. Dans ce cadre, que fait la Suisse? Nous nous engageons en faveur des droits humains, dans le développement et dans la culture. Au Conseil des droits de l'homme, nous coopérons dans le cadre des procédures spéciales dans le but d'améliorer le respect des droits humains et des libertés fondamentales en Erythrée.

Monsieur le conseiller national Stamm, à ce sujet, je ne crois pas qu'il faille opposer l'action directe de la Suisse à ses moyens d'action au niveau multilatéral. J'ai pris acte de votre soutien dans tout ce que nous faisons directement, mais aussi du fait que vous avez certaines réserves sur le reste. Au fond, je crois que ces actions peuvent se renforcer mutuellement. Donc, il ne faut pas exclure l'une ou l'autre. Dans le développement, la Suisse appuie le programme de l'ONU, qui concerne précisément les droits sociaux et la réforme de la justice, en mettant à sa disposition des experts. Dans la culture, nous appuyons aussi le projet de reconnaissance par l'Unesco du site d'Asmara; cela, évidemment, les Erythréens le savent. Par ailleurs, je rappelle que nous lançons actuellement des actions directes en Erythrée; elles sont importantes, mais la coopération avec l'ONU et ses expériences sont aussi utiles. C'est pourquoi nous estimons que la motion va dans la bonne direction - elle est formulée de manière assez générale et, à mon avis, il ne devrait pas y avoir trop d'oppositions dans ce conseil.

Le Conseil fédéral ne peut pas lui-même accepter la motion, mais il propose de l'accepter. Nous proposons au Parlement, dans sa grande sagesse, d'écouter la recommandation du Conseil fédéral, qui est évidemment sage puisqu'elle vient du Conseil fédéral.