Tornare Manuel · Nationalrat · 2017-03-08
Tornare Manuel · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-08
Wortprotokoll
Je sais qu'un certain nombre de parlementaires qui sont allés en Erythrée en voyage officieux, plutôt qu'officiel, ont combattu ma motion. Vous savez que, quand on va en voyage officiel dans une dictature, que ce soit en Corée du Nord, en Erythrée ou ailleurs, on vous montre ce que l'on veut bien vous montrer, et je pense que, quand certains de nos collègues sont revenus en Suisse, leur rapport sur la situation en Erythrée était vraiment éloigné de la vérité.
Ce pays est une dictature. C'est aujourd'hui la Journée internationale de la femme, à qui je rends hommage. Eh bien, en Erythrée, beaucoup de femmes sont des esclaves, notamment sexuelles. Il y a des emprisonnements, des disparitions forcées, de la torture. On force les jeunes, les adolescents à faire du service militaire non limité dans le temps. Il y a des viols, etc.
Les Nations Unies se sont bien évidemment penchées sur ce problème. A Genève, le Conseil des droits de l'homme s'y est penché. Vous savez que, régulièrement, un examen périodique universel est fait par ce conseil, lequel évalue la situation des droits humains dans tous les pays du monde. Le rapport concernant l'Erythrée est accablant.
Je rappelle, notamment à Monsieur Stamm, qui s'est opposé à la motion, que le Conseil fédéral l'a acceptée, et je l'en remercie.
Que demandons-nous dans cette motion? Je dis "nous", parce que, évidemment, plusieurs groupes soutiennent cette motion. Celle-ci prévoit des mesures nécessaires pour, premièrement, que soit appliquée pleinement la Constitution érythréenne de 1997, datant de la séparation d'avec l'Ethiopie - on avait fait de belles promesses, dans cette Constitution -, et pour permettre notamment l'existence et l'indépendance des partis politiques et d'autres organes de la société civile.
Deuxièmement, il s'agit de veiller à ce qu'il soit mis un terme au recrutement d'enfants et d'adolescents dans les forces armées - je vous en ai parlé tout à l'heure - et à faire en sorte que les enfants ne soient pas soumis au travail forcé. Entre parenthèses, beaucoup de personnes en Suisse, malheureusement, prétendent que cela n'est pas vrai, que les enfants et les adolescents qui viennent en Suisse mentent par rapport au travail forcé au sein de l'armée. Or, c'est une réalité. J'ai moi-même rencontré beaucoup de ces adolescents et de ces enfants au sein d'organisations comme Amnesty International. Je vous affirme que c'est une réalité.
Troisièmement, respecter les règles de procédure équitable, conformément aux obligations qui incombent au pays en vertu du droit international et libérer immédiatement - je dis bien libérer immédiatement - toutes les personnes détenues sans raison valable; vous savez aussi que la liberté de la presse n'existe malheureusement pas dans ce pays.
En conclusion, je vous invite à soutenir cette motion et je rappelle que le Conseil fédéral a proposé d'accepter cette motion. Monsieur le conseiller fédéral, je vous remercie, ainsi que le Conseil fédéral, d'avoir compris l'importance de cette motion et de faire en sorte que l'Erythrée puisse connaître, à l'avenir, des jours meilleurs.