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AB 2142

Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2000-03-13

Wortprotokoll

La semaine dernière, j'étais déjà intervenue pour vous proposer d'introduire la prévention dans cette loi sur les produits thérapeutiques. Madame la Conseillère fédérale, vous m'avez fait remarquer qu'on ne pouvait surcharger la loi et qu'il fallait en plus avoir les moyens pratiques de réaliser cette prévention. Eh bien, les moyens, je crois les avoir trouvés à l'article 66, puisqu'il donne déjà des compétences à la Confédération pour veiller à l'information du public.

Je voudrais aussi remarquer que, quand l'article 1er dit que la loi veut contribuer à ce que les médicaments "soient utilisés correctement", je ne vois pas non plus dans la loi les moyens concrets d'atteindre cet objectif. On a d'ailleurs insisté plusieurs fois sur le fait que cette loi est une loi-cadre et, par conséquent, je pense qu'elle n'a pas à prévoir tous les détails.

Dans l'amendement que je présente à l'article 66, je propose qu'on charge la Confédération et les cantons d'instaurer ou de soutenir des mesures. Cela ne signifie, ni inventer, ni organiser, ni même, à la limite, payer. C'est simplement reconnaître qu'il y a un problème avec l'usage abusif ou la pharmacodépendance, et qu'on donne un signal qu'on veut prendre ce problème en compte.

Quel est le problème? Bien sûr, Monsieur Suter, ce ne sont pas les effets secondaires dus aux médicaments eux-mêmes: il s'agit du mauvais usage des médicaments. Je vous donne rapidement un aperçu du problème: les enfants entre 11 et 15 ans sont de gros consommateurs de médicaments. A 15 ans, 14 pour cent des garçons et 23 pour cent des jeunes filles consomment ou ont consommé plusieurs fois des médicaments psychotropes dans le mois précédant l'enquête, mais aussi des stimulants, des anorexigènes, des laxatifs et, surtout, des analgésiques.

On constate qu'à 15 ans, il y a une légère diminution de la consommation de psychotropes par rapport aux écoliers de 11 à 13 ans, ce qui fait penser que les jeunes de cet âge décident par eux-mêmes et ne se laissent plus imposer des médicaments par leurs parents. Une hypothèse qu'on pourrait émettre, c'est que pour bien dormir et se tranquilliser, ils ont trouvé d'autres méthodes, dont le cannabis. C'est une hypothèse. Je ne sais pas si c'est mieux.

On m'a dit aussi l'autre jour que la prévention devait être ailleurs: dans la loi sur les stupéfiants ou dans une loi à créer sur les dépendances. Moi, je veux bien! Mais ce que je constate aujourd'hui et ce que j'ai constaté dans mon travail, c'est que, contrairement à ce qui se passe pour les drogues, l'alcool ou le tabac, la prévention de l'abus de médicaments ou de leur usage nocif est quasiment inexistante. J'ai rencontré souvent des assistantes sociales, des aides à domicile, et même des infirmières de santé publique qui n'ont aucune idée de ce qu'est une pharmacodépendance et qui ne savent pas reconnaître les indices d'un problème de cette sorte. Et ceci pour ne rien dire des médecins qui ne sont pas toujours parfaits non plus, puisqu'un certain nombre d'entre eux vont jusqu'à prescrire des psychotropes à des femmes qui ont des problèmes d'alcool.

La nécessité de mesures préventives et de mesures de formation peut entrer dans une loi-cadre qui pourrait charger les cantons de mettre en oeuvre lesdites mesures. C'est pourquoi je propose, dans mon amendement, de parler de soutien à "des programmes d'information, d'éducation à la santé, de conseil ou de formation destinés aux écoles ou au public, de même qu'aux professionnelles et aux professionnels des secteurs sanitaire, social et éducatif".

[PAGE 175] En ce qui me concerne, je crois au partenariat, aux réseaux pluridisciplinaires, à la décentralisation et à la proximité. C'est d'ailleurs pourquoi j'étais personnellement contre les envois de médicaments par la poste. On ne peut tirer argument, à mon avis, du fait que la communication est lacunaire, notamment entre les pharmaciens et les médecins, pour choisir des voies qui l'appauvrissent encore. Pour la prévention, on a besoin que le pharmacien, le médecin, l'éducateur ou l'infirmière se parlent et collaborent, chacun dans sa spécialité.

C'est dans cette perspective que je vous demande de soutenir ma proposition à l'article 66.