Brélaz Daniel · Nationalrat · 2017-06-08
Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2017-06-08
Wortprotokoll
Lors de l'élaboration du budget 2017, notre Parlement a décidé d'utiliser ce qu'on appelle, en termes budgétaires, l'arme des pauvres et des sans-idées, à savoir des coupes transversales linéaires. C'est la pire des méthodes que l'on puisse utiliser en politique. Cela veut dire qu'on ne sait pas que faire, mais qu'on veut montrer une volonté politique.
Malheureusement, quand on emploie ce genre d'arme de destruction massive, il y a parfois des dégâts collatéraux imprévisibles. Il y en a heureusement peu, puisqu'il y a un seul objet qui revient ici, au sujet duquel on a pu démontrer - pour ceux qui veulent bien écouter et non seulement se contenter d'appliquer une doctrine - que les coupes en question de 700 000 francs étaient objectivement dommageables dans une unité qui avait fait de très gros efforts d'économies au cours du temps et qui n'avait quasiment plus de marge de manoeuvre.
Dans un deuxième domaine, il s'agit de savoir quand on veut octroyer un crédit. Il y a ceux qui disent qu'on l'inscrira au budget; il y a ceux qui disent que, peut-être, il fera l'objet du supplément II au budget - mais ce sera le même débat, et si on ne le fait pas figurer au budget, on sera de nouveau ennuyé; et il y a ceux qui disent qu'il faut le faire tout de suite. Mais personne ne conteste qu'il faut ces 10 millions de francs. Il s'agit de nouveau de démontrer quelque chose, à savoir que les plus purs et durs parmi les membres de notre Commission des finances ont raison, et que, quoi qu'il arrive, ils trouveront toujours un endroit où procéder à une coupe budgétaire pour montrer qu'ils ont raison.
La question n'est pas tranchée de la même manière dans les deux conseils. Le Conseil des Etats a voté unanimement - zéro opposition - en faveur des deux objets. Le Conseil des Etats, à ma connaissance, comporte cinq conseillers aux Etats UDC, et une quinzaine - je ne me rappelle plus le nombre exact - de conseillers aux Etats PLR; ces gens-là sont-ils dans un autre parti politique que les membres PLR et UDC du Conseil national? Ici, quand on ne peut plus faire appel à la Commission des finances, parce que ceux qui y siègent ont une position religieuse et dogmatique, il faut essayer de faire appel au peuple, c'est-à-dire à ceux qui ne sont pas membres de la Commission des finances. Je pose donc la question suivante aux élus UDC et PLR: "Est-ce que vos élus au Conseil des Etats sont tous incompétents, stupides, ou font-ils partie d'une autre galaxie ou d'un autre parti politique?" Ceux qui sont un peu sensibles à cet argument, qui ne suivront pas simplement les plus doctrinaires des membres de la Commission des finances, se rallieront à la position du Conseil des Etats. Peut-être ai-je parlé dans le vide; j'espère que non. Quoi qu'il en soit, c'est le simple bon sens qui devrait ici l'emporter, et non la doctrine.