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Mazzone Lisa · Nationalrat · 2017-06-08

Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2017-06-08

Wortprotokoll

Une fois encore, et comme je l'ai dit dans mon intervention précédente, il s'agit de dissiper un malentendu. Nous sommes en train de parler de dépenses conséquentes. Nos choix impliquent de notre part une lourde responsabilité quant à l'utilisation des deniers publics. Il ne s'agit pas de rédiger une liste à envoyer au Père Noël. A ce titre, l'intérêt et l'objectif de notre exercice sont d'assurer la sécurité et non de dépenser 5 milliards de francs. La pression est d'ordre sécuritaire et elle ne saurait répondre à une incitation à la dépense. Il s'agit, une fois de plus, de lire le rapport sur la sécurité publié par le Conseil fédéral: aucun ennemi de la Suisse n'y est mentionné.

Sur la base de la situation dans le domaine de la sécurité, nous devons décider de la manière dont les deniers publics seront utilisés pour armer la Suisse. Or, la plus éclatante illustration de cette inversion dialectique entre le besoin réel de sécurité et la dépense est le cafouillage au sujet de la puissance de l'armement des F/A-18 et des bombes qu'ils pourraient transporter.

Pourquoi "cafouillage"? Si nous nous basons sur le rapport sur la sécurité, la guerre aérienne n'est pas réaliste. Ce n'est pas un scénario réaliste sur lequel nous pourrions nous appuyer pour prévoir notre planification. D'ailleurs, cette proposition a d'abord été présentée au Conseil fédéral, puis retirée par le Conseil fédéral, avant d'être réintroduite dans le projet en commission. Nous voyons bien que l'enjeu n'est pas de discuter de ce dont nous avons besoin réellement, mais que l'enjeu est de savoir comment on armera encore davantage notre armée, en l'occurrence, dans ce cas précis, nos avions de chasse. Je rappelle que la puissance de bombardement n'existe plus depuis 1994 - c'est le cas dans d'autres pays européens. Dans un pays densément peuplé comme la Suisse, cette puissance n'a aucun sens si ce n'est celui de pouvoir tirer sur sa propre population, ce que nous ne souhaitons pas. [PAGE 984]

Par ailleurs, concernant les munitions, on voit là encore qu'on s'arme pour parer des menaces d'un autre temps, au gré des opportunités budgétaires.

Enfin, s'agissant de la proposition individuelle Galladé relative au vote sur l'achat d'un nouvel avion de combat, les Verts l'ont dit depuis le début: il leur paraît clair que l'on doit voter sur cet achat. Par honnêteté démocratique, nous devons voter, comme la dernière fois, sur un projet concret, avec un modèle concret et un nombre d'avions concret. Or, ce que l'on nous propose ici, c'est une feuille de route floue, dont on peut modifier les contours à loisir et qui n'assure pas un calendrier adéquat.

Concrètement, on n'a aucune garantie que la votation sur l'arrêté fédéral proposé par Madame Galladé intervienne après le choix du modèle d'avion. A ce titre, une grande majorité de notre groupe a décidé de refuser cette proposition individuelle, non pas parce que nous nous opposons à un vote populaire - bien au contraire -, mais parce que nous voulons un vote populaire démocratique, qui respecte le vote très clair sur le Gripen d'il y a trois ans et qui permette de se prononcer une nouvelle fois sur le même objet.