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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2017-06-08

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-06-08

Wortprotokoll

La présente proposition de la minorité II a pour objet de retrancher 44 millions de francs des 173 millions de francs prévus dans le crédit-cadre pour des "Etudes de projets, essais et préparatifs d'achats 2017". Ces 44 millions de francs concernent la sauvegarde de la souveraineté sur l'espace aérien suisse et la défense aérienne.

Pourquoi une telle proposition? Monsieur le conseiller fédéral Parmelin a décidé d'affiner la méthode et de travailler sur des bases solides avant de lancer le projet d'acquisition d'un nouvel avion de combat. Il a compris qu'une acquisition de ce type comporte toujours des risques. Il a donc formé un groupe d'experts en 2016 déjà ainsi qu'un groupe d'accompagnement. Les experts étaient chargés d'élaborer un concept pertinent de défense de l'espace aérien suisse. [PAGE 994] Cela leur a pris une bonne année. Ils viennent de rendre leur copie. C'est un travail sérieux avec, en gros, quatre concepts d'achat d'un avion de combat et plus globalement de défense sol-air, avec des investissements conséquents à faire. Nous en sommes donc là aujourd'hui. La balle est dans le camp du Conseil fédéral, qui est censé choisir l'un des concepts au cours des prochains mois. Le Conseil fédéral analysera, réfléchira, décidera puis proposera. Il proposera plus que l'achat pur et simple d'un nouvel avion de combat, un concept de défense de notre espace aérien.

Dans le présent arrêté fédéral relatif aux crédits-cadres pour le matériel d'armée 2017, on nous demande d'ores et déjà d'engager des fonds alors que tout est encore à décider. Ma préopinante a posé la question de savoir pourquoi mettre la charrue avant les boeufs. Je voulais dire la même chose, alors je dirai: pourquoi déplacer Pâques avant les Rameaux? Pour nous, clairement, logiquement, le Parlement doit attendre le projet du Conseil fédéral, puis accorder, s'il le juge indispensable, les crédits nécessaires. On tente de nous faire peur en invoquant le calendrier: il n'est pas si serré qu'on le dit. Si l'on fait enfin cette fois-ci un bon choix, si l'on opte pour un avion performant, qui tienne la route, la période d'essai pourra être raccourcie. C'est vrai, il faudra un peu de temps pour arriver jusqu'à une votation populaire, votation indispensable. Comme pour chaque sujet d'importance, le peuple doit pouvoir se prononcer surtout après le résultat de la votation sur l'avion de combat Gripen il y a trois ans. A cette occasion, le peuple avait refusé le crédit pour l'achat précédent. Très clairement, le peuple doit pouvoir se prononcer une nouvelle fois. Ne pas demander l'avis du peuple serait un déni de démocratie. Si le projet est bon, adéquat, avec un nombre adapté d'avions, il sera accepté. De toute manière, en attendant, et jusqu'en 2030, notre espace aérien sera protégé.

La prolongation de la durée de vol de nos 30 F/A-18 de 5000 à 6000 heures est une bonne chose, et permettra de faire la transition avec la nouvelle flotte d'avions. Pour mémoire, lors de la campagne sur l'acquisition des Gripen, les tenants du oui avançaient que dès 2025 nous ne disposerions plus d'avions de combat en Suisse. A l'époque, dans le camp du non, nous avions avancé l'argument de la prolongation possible des heures de vol des F/A-18. Nous avions donc raison.

La méthode Parmelin est intéressante: prendre le temps, d'abord d'étudier et réfléchir, puis se mettre d'accord au sein du Conseil fédéral et, enfin, décider puis proposer au Parlement. Après, on parle finances. C'est dans cet esprit que j'ai compris l'interruption du projet de défense sol-air 2020: analyser l'ensemble du dossier de la protection de l'espace aérien, posément. C'est cohérent.

Pour rester cohérent, je vous demande de soutenir ma proposition de minorité.